Une mobilisation nationale pour défendre l'éducation
Ce mardi 31 mars, enseignants, parents d'élèves et représentants syndicaux se sont rassemblés massivement pour exprimer leur opposition ferme aux fermetures de classes programmées et aux réductions de postes dans l'Éducation nationale. Cette grève nationale a trouvé un écho particulièrement fort localement, notamment sur le parvis de la préfecture où environ une centaine de manifestants se sont réunis avec un message unanime et clair.
Des revendications communes et urgentes
Les slogans et banderoles portaient tous la même exigence fondamentale : « Moins de fermetures de classes et de suppressions de postes, plus de remplaçants et d'Accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) ». Cette journée de mobilisation a vu 6,79 % des enseignants de l'académie de Bordeaux participer à la grève selon les chiffres officiels du rectorat, un taux significatif qui témoigne de l'inquiétude grandissante au sein de la profession.
Des chiffres qui inquiètent profondément
Tous les participants se sont unis pour protester contre des statistiques jugées particulièrement alarmantes pour l'avenir du système éducatif français :
- 11,5 postes supprimés à la rentrée 2025 dans le seul département du Lot-et-Garonne
- 4 000 suppressions de postes supplémentaires prévues à l'échelle nationale pour la rentrée 2026
Le ministère de l'Éducation nationale justifie ces mesures par la « chute démographique » observée dans certaines zones, mais les syndicats contestent cette approche et mettent en avant d'autres priorités.
L'inclusion scolaire au cœur des préoccupations
L'intersyndicale a particulièrement insisté sur les problèmes adjacents générés par ces diminutions de postes. Christelle Calvat, enseignante à Foulayronnes et secrétaire départementale du Snudi-FO, a souligné avec force : « On a peut-être peu d'élèves, mais il y a beaucoup de problèmes d'inclusion. Il n'y a pas assez de personnel pour les enfants atteints de troubles de l'attention, du langage, du comportement ». Cette thématique de l'inclusion scolaire est revenue constamment dans les discussions entre les drapeaux syndicaux et les slogans scandés.
Les solutions alternatives en milieu rural
Thierry Lancelle, secrétaire départemental de l'UNSA, a défendu quant à lui le principe du Regroupement pédagogique intercommunal (RPI). Cette pratique, courante en zones rurales, consiste à associer plusieurs écoles à faibles effectifs pour former un seul établissement fonctionnel. Malgré cette approche, quatre RPI fermeront leurs portes à la prochaine rentrée scolaire. Le syndicaliste explique : « Le but est de conserver des écoles ouvertes et inclusives dans chaque village ».
Des avancées administratives espérées
Thierry Lancelle a également partagé une information encourageante concernant les procédures administratives. Il affirme que la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) « vient de s'engager à traiter les dossiers des enfants en difficulté en l'espace de 15 jours », contre les trois à cinq mois habituellement nécessaires actuellement. Cette accélération pourrait représenter une amélioration significative pour les familles concernées.
Le témoignage concret des parents d'élèves
Du côté des parents d'élèves, les préoccupations sont tout aussi tangibles. À l'école Bara par exemple, sur 140 enfants, 10 élèves sont allophones et un est en situation de handicap. Une professeure du lycée de Baudre, membre de Sud Éducation, résume amèrement la situation : « Il y a un écart entre le discours et les moyens apportés ». Cette déclaration synthétise le sentiment général des manifestants qui dénoncent un manque de cohérence entre les intentions affichées et les ressources réellement allouées.
Cette mobilisation du 31 mars s'inscrit dans un mouvement plus large de défense de l'école publique et de ses moyens, avec des acteurs éducatifs déterminés à faire entendre leur voix face à des décisions qu'ils jugent préjudiciables à la qualité de l'enseignement et à l'égalité des chances pour tous les élèves.



