Grève historique des assistants d'éducation au collège Paul-Riquet de Béziers
Ce jeudi 19 juin, les assistants d'éducation (AED) du collège Paul-Riquet de Béziers ont observé une grève surprise pour protester contre leurs conditions de travail jugées dangereuses et précaires. Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte particulièrement tendu suite au meurtre de Mélanie, une AED tuée à coups de couteau par un élève à Nogent en Haute-Marne.
Un quotidien marqué par la violence et l'insécurité
Les dix assistants d'éducation, encadrés par seulement quatre conseillers principaux d'éducation, doivent gérer 670 élèves dans un établissement où les incidents violents sont fréquents. « Parfois, on est que trois pour gérer tous les élèves », déplore l'un des grévistes rassemblés place du Général de Gaulle.
Leurs témoignages dressent un tableau alarmant : bagarres entre élèves nécessitant des interventions risquées, menaces de mort, objets projetés depuis les étages. « L'autre jour, une CPE a reçu un compas en pleine main de la part d'un élève », rapporte une AED, soulignant que les violences verbales quotidiennes sont devenues banales.
Précarité contractuelle et manque de reconnaissance
Au-delà des risques physiques, les grévistes dénoncent une précarité institutionnalisée. Huit d'entre eux travaillent avec des contrats à durée déterminée dont le renouvellement reste incertain en cette fin d'année scolaire. « On demande plus de contrats longs et d'y voir plus clair », insistent-ils collectivement.
Leur revendication centrale : « Qu'on reconnaisse notre métier à part entière au lieu de dire qu'on a un travail alimentaire ». Ils pointent également le non-remplacement systématique des collègues en arrêt maladie, accentuant la charge de travail pour ceux qui restent.
Hommage à Mélanie et appel à des mesures concrètes
La grève de ce jeudi avait également pour objectif de rendre hommage à Mélanie, l'AED assassinée à Nogent. « Ça aurait pu nous arriver à nous », confie un gréviste, ajoutant : « On vient travailler au risque de notre vie et en plus, on accentue notre précarité ».
Face à cette situation, les assistants d'éducation réclament des mesures immédiates : renforcement des forces de l'ordre aux abords de l'établissement, présence de médiateurs, et une réponse durable plutôt que des réactions ponctuelles après chaque drame. « On a besoin de plus de forces de l'ordre à la sortie d'établissement », insiste une gréviste.
La direction du collège Paul-Riquet, contactée par nos soins, n'a pas répondu aux sollicitations concernant ce mouvement social et les revendications portées par son personnel.



