Mouvement de grève massif au lycée professionnel Ambroise-Croizat de Tarnos
Ce jeudi 19 mars, le lycée professionnel Ambroise-Croizat de Tarnos a été le théâtre d'un important mouvement de débrayage. Les enseignants, profondément mécontents, ont cessé le travail pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une détérioration des conditions d'enseignement et une menace pour la pérennité de leur établissement.
Une banderole symbolique et des chiffres éloquents
Accrochée aux grilles de l'établissement, une banderole résume avec force le mécontentement du corps enseignant : « 1,5 professeur et 1 assistant en moins = profs en colère ». Ce message percutant traduit la colère qui anime les professeurs face aux réductions de moyens.
Le mouvement de grève a été particulièrement suivi. Selon Nadine Raymond, représentante du personnel syndiquée à la CGT et professeur de lettres et d'histoire-géographie, « seulement 9 professeurs sur 41 assurent les cours aujourd'hui, dont 5 contractuels ». Cette faible participation illustre l'ampleur de la mobilisation et l'unité des enseignants autour de leurs revendications.
Deux revendications principales portées par les grévistes
Les enseignants en grève formulent deux exigences majeures pour l'avenir de leur lycée :
- Une dotation globale horaire (DGH) jugée insuffisante : Cette dotation, qui détermine directement le nombre de professeurs affectés à l'établissement, est au cœur du conflit. Les professeurs estiment qu'elle ne correspond pas aux besoins réels du lycée.
- La création d'un poste de directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques : Ce poste, essentiel selon les grévistes, permettrait de conseiller et accompagner les équipes pédagogiques, développer des partenariats avec les acteurs économiques locaux et contribuer à l'insertion professionnelle des jeunes.
Des fonctions vitales assurées dans l'improvisation
À Tarnos, les missions normalement dévolues à un directeur délégué aux formations sont actuellement assumées par un collègue enseignant, sans poste officiellement attribué. Christophe Elizalde, professeur de mécanique automobile et représentant du personnel présent sur le piquet de grève, décrit cette situation comme « une position inconfortable de siège éjectable ».
Nicole Doutre, professeur de mathématiques et sciences syndiquée SE-Unsa, également représentante du personnel en débrayage, insiste sur l'importance de ces fonctions : « Ce sont ces chefs de travaux qui font tourner le lycée, dont ils sont la colonne vertébrale, en abattant un travail incroyable ». Pour les enseignants, la création de ce poste est indispensable à la stabilité et au bon fonctionnement de l'établissement.
Un rejet des logiques budgétaires et un avenir incertain
Les grévistes s'opposent fermement à ce qu'ils perçoivent comme une logique de suppressions de postes pour des raisons purement budgétaires. Nicole Doutre résume cette opposition : « Nous nous opposons à cette logique de suppressions pour raisons budgétaires ».
Les enseignants contestent également l'exactitude du comptage du volume d'heures à allouer au lycée effectué par la Direction académique des services de l'Éducation nationale des Landes. Ils soulignent que l'établissement accueille régulièrement entre 350 et 400 élèves à chaque rentrée, ce qui selon eux justifie le maintien, voire l'augmentation, des moyens alloués.
Des démarches administratives en cours
Les professeurs ont déjà engagé des démarches formelles pour faire aboutir leurs revendications. Ils ont saisi la direction académique concernant la question de la DGH et le rectorat pour la création du poste de directeur délégué aux formations. Ces demandes ont été formulées par écrit, via la voie hiérarchique, et les enseignants attendent désormais une réponse des autorités académiques.
Le mouvement de grève du 19 mars marque ainsi un point culminant dans une mobilisation qui pourrait se poursuivre si les revendications des enseignants ne sont pas entendues. L'avenir du lycée professionnel Ambroise-Croizat de Tarnos et la qualité de l'enseignement qui y est dispensé semblent directement liés à l'issue de ce conflit social.



