Une fondation universitaire au service des étudiants en situation de fragilité
L'université de Nîmes a officiellement mis en place une fondation dont la mission principale est d'apporter un soutien concret et solidaire aux étudiants confrontés à des besoins spécifiques ou porteurs de projets particuliers. Cette initiative, imaginée par le président Benoît Roig et portée par Héléna Vallejo, fonctionne discrètement depuis maintenant trois années, avec pour objectif affiché de combler les lacunes du système d'aides traditionnel.
L'ADN de l'université : prendre soin de ses étudiants
"Prendre soin des étudiants, c'est véritablement l'ADN de notre institution", affirme avec conviction Benoît Roig, à la tête de cette université de taille modeste comptant environ 6 000 étudiants. Il précise que la moitié des effectifs sont boursiers, proportion qui atteint même 60% en première année. Un chiffre significatif qui illustre le profil socio-économique particulier de l'établissement, où un diplômé sur deux est le premier de sa famille à accéder à l'enseignement supérieur.
Jean-Marc Blanc, chargé de mission mécénat pour la fondation, explique le rôle complémentaire de cette structure : "L'université assume pleinement ses missions d'enseignement, de recherche et de vie étudiante. La fondation, elle, intervient pour les parcours particuliers, pour ces étudiants qui ont besoin d'un coup de pouce supplémentaire". Il décrit cette approche comme une manière de "prendre en charge les trous dans la raquette" du système de soutien existant.
Des aides concrètes pour des situations variées
Les domaines d'intervention de la fondation sont multiples et adaptés aux réalités étudiantes :
- Financement de mobilité internationale pour des stages à l'étranger
- Achat de matériel spécifique pour compenser un handicap
- Soutien à des projets entrepreneuriaux, sportifs ou artistiques
- Bourses pour des compétitions internationales
Des exemples concrets illustrent cette diversité d'actions : un étudiant aidé pour un stage à l'étranger, l'achat de matériel adapté pour un étudiant en situation de handicap, un billet de train permettant à Lena de présenter son manga à Paris, ou encore la bourse octroyée à la para-athlète Flora Vauthier qui a contribué à son parcours vers une médaille olympique en tennis de table.
Un focus particulier sur les étudiants aidants
La fondation souhaite particulièrement se concentrer sur des profils d'étudiants souvent "invisibles" : ceux qui passent sous les radars des aides traditionnelles, soit parce qu'ils se situent juste sous les seuils d'éligibilité, soit parce qu'ils ne se signalent pas spontanément. Parmi ces publics prioritaires figurent les étudiants ultramarins, qui rencontrent des difficultés similaires à celles des étudiants étrangers sans bénéficier des mêmes soutiens, et surtout les étudiants aidants.
"Au niveau national, on estime que 10% à 14% des étudiants sont aidants, mais ici à Nîmes, seuls 24 se sont signalés jusqu'à présent", détaille Jean-Marc Blanc. Ces étudiants consacrent parfois jusqu'à 17 heures par semaine à un proche dépendant, ce qui impacte nécessairement leur réussite académique. La fondation prévoit un recensement systématique et la mise en place d'un accompagnement adapté pour cette population spécifique.
Un modèle de financement transparent et incitatif
Sur les trois premières années d'existence, la fondation a pu compter sur le soutien de trois membres fondateurs - BRL, Phytocontrol et Banque populaire du Sud - ainsi que sept mécènes et cinq donateurs particuliers. Cet engagement a permis de collecter 116 577 € de dons, dont 26 577 € ont déjà été utilisés pour financer divers projets, 18 bourses et deux dons en nature.
Les trois membres fondateurs viennent de renouveler leur engagement pour trois années supplémentaires. La fondation souhaite désormais élargir son cercle de soutiens, rappelant que "il n'y a pas de petits dons" et s'engageant à une transparence totale sur l'utilisation des fonds. Pour encourager les contributions, des avantages fiscaux attractifs sont proposés : 66% de déduction pour les particuliers et 60% pour les entreprises.
Cette initiative nîmoise s'inscrit dans une philosophie globale résumée par Jean-Marc Blanc : "Notre angle d'action, c'est la solidarité et l'égalité des chances". Plus la fondation recevra de soutiens, plus elle pourra développer son action en faveur des étudiants les plus fragiles, confirmant ainsi l'engagement social profond de l'université de Nîmes envers sa communauté étudiante.



