FéminiMath à Montpellier : 70 collégiennes initiées aux sciences par des étudiantes inspirantes
FéminiMath : des collégiennes initiées aux sciences à Montpellier

FéminiMath : une journée pour briser les stéréotypes de genre dans les sciences

Quelque 70 collégiennes montpelliéraines ont participé à une journée exceptionnelle au lycée Joffre, baptisée "FéminiMath". Cette initiative innovante vise spécifiquement à encourager les jeunes filles à s'engager dans les filières scientifiques, un domaine où les stéréotypes de genre persistent encore trop souvent.

Rencontres inspirantes avec des étudiantes de prépa

Les adolescentes, issues de six établissements différents, ont été accueillies par des étudiantes de classes préparatoires PSI, réputées parmi les formations les plus exigeantes. Réparties en petits groupes, chaque collégienne a été chapeautée par une "marraine" de circonstance : Carys, Jeanne, Zoélie, Romane, Lucie et d'autres ont accepté de partager leur quotidien, leurs expériences et même leurs doutes.

"Accrochez-vous sans vous préoccuper des autres", a lancé l'une des étudiantes aux collégiennes. Un message fort qui résume l'esprit de cette journée : donner aux jeunes filles la confiance nécessaire pour poursuivre leurs ambitions scientifiques sans se laisser freiner par les préjugés.

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Un manque de confiance plus marqué chez les filles

Le constat est clair : les jeunes filles manquent souvent de confiance par rapport aux garçons lorsqu'il s'agit de s'orienter vers des filières scientifiques. Carole Drucker-Godard, rectrice de l'Académie, présente pour l'occasion, a tenu à souligner ce phénomène : "Je crois que certains garçons ne se posent pas du tout la question des résultats pour choisir la filière qu'ils aimeraient intégrer..."

La rectrice a martelé un message essentiel : "Il ne faut pas juste aimer les maths, mais il faut oser les maths. Il n'y a aucune raison de ne pas avoir confiance. Bien au contraire, cette mixité est primordiale partout, dans tous les pans de la société."

Des témoignages révélateurs

Les collégiennes ont pu exprimer leurs propres réflexions. Miangola, en 3e au collège Croix-d'Argent, se montre déterminée : "Moi, je veux faire des mathématiques et je ne me suis jamais posé la question du genre. Il faut dire que dans ma famille, on est que des filles et on est plutôt scientifiques..."

Pour sa camarade Alexandra, le choix est plus complexe : "C'est un peu plus flou. Mais je dois me décider rapidement entre les langues et les sciences de l'ingénieur." Un choix qui conditionnera son affectation au lycée dès la rentrée prochaine.

L'initiateur du projet : un professeur engagé

Derrière FéminiMath se trouve Alexandre Marino, professeur de mathématiques en classe préparatoire. Pour lui, le manque d'élèves féminines dans les formations scientifiques s'explique principalement par un déficit de confiance : "Avec mon parcours professionnel mais aussi personnel – j'ai une fille de 13 ans – je remarque que les filles ont tendance à se sous-estimer. En tant que professeur, c'est une mission qui m'incombe de faire bouger les choses."

Il a conçu l'ensemble du projet, créé un logo spécifique et convaincu ses étudiantes de participer. "C'est beaucoup de travail, mais ça vaut le coup", assure-t-il.

Des exemples historiques pour inspirer

Pour illustrer son propos, Alexandre Marino a animé une conférence en s'appuyant sur deux figures emblématiques :

  • Sophie Germain, première femme à remporter un prix de l'Académie des sciences en 1816
  • Maryam Mirzakhani, première lauréate féminine de la médaille Fields en 2014

Ces exemples historiques démontrent que la place des femmes dans les sciences, bien que parfois difficile à conquérir, existe bel et bien et mérite d'être investie par les nouvelles générations.

Ateliers pratiques et immersion

La journée ne s'est pas limitée aux discours. Les collégiennes ont pu :

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  1. Assister à un cours de mathématiques en conditions réelles
  2. Participer à divers ateliers dans les laboratoires du lycée
  3. Échanger librement avec leurs marraines étudiantes
  4. Bénéficier de conseils concrets sur les parcours scientifiques

Cette immersion complète dans l'univers des études scientifiques a permis aux jeunes filles de se projeter plus concrètement dans ces filières souvent perçues comme inaccessibles.

Une graine semée pour l'avenir

L'initiative FéminiMath, lancée cette semaine au lycée Joffre, a permis de semer une petite graine qui ne demande désormais plus qu'à pousser et à se propager. Promouvoir l'égalité fille-garçon dans les filières scientifiques n'est pas chose aisée, mais avec cette journée, les jeunes filles auront davantage les cartes en main pour faire leurs choix en toute liberté.

Comme le résume l'une des étudiantes organisatrices : "Notre objectif est de démonter tous les a priori et préjugés liés à notre formation. Les sciences, les maths ce n'est pas un sujet tabou pour les filles. Nous, nous sommes des filles normales, nous ne sommes pas plus intelligentes que les autres."

Espérons que les collégiennes présentes auront vraiment assimilé, même dans leur inconscient, que l'ambition ne devrait jamais être une affaire de genre, et que les portes des laboratoires et des amphithéâtres scientifiques leur sont grandes ouvertes.