Une réforme majeure pour simplifier l'accès aux études médicales
Le gouvernement a annoncé la fin du système dual actuel, composé du PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) et de la LAS (Licence Accès Santé), qui sera remplacé par un parcours unifié à partir de la rentrée 2027. Cette décision vise à mettre un terme à la complexité du système mis en place en 2020, souvent décrit comme illisible pour les étudiants et leurs familles.
La fin d'un système à deux voies jugé trop complexe
Depuis 2020, les étudiants souhaitant intégrer les filières de médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie ou kinésithérapie devaient choisir entre deux voies distinctes. Le PASS, proche de la première année de médecine traditionnelle, et la LAS, qui permettait d'étudier une autre majeure tout en conservant une option santé. Cette dualité créait une confusion considérable, avec des centaines de parcours différents proposés sur la plateforme Parcoursup.
« En Île-de-France, un étudiant a le choix cette année entre 100 parcours différents sur Parcoursup entre les PASS et les LAS, avec des parcours très éloignés de la santé qui peuvent paraître parfois un peu baroques ou exotiques », a rappelé le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, lors de la présentation de cette réforme.
Un nouveau parcours articulé autour de trois blocs de matières
La nouvelle voie unique reposera sur trois blocs équilibrés de matières enseignées :
- Un bloc spécifiquement « santé »
- Un bloc « disciplinaire » comprenant des matières liées à la santé comme les sciences de la vie ou la physique
- Un bloc « transversal » avec d'autres matières comme l'anglais
À l'issue de cette première année, l'étudiant pourra tenter d'accéder à l'une des cinq filières de santé, à condition d'avoir validé un niveau minimum dans les blocs « santé » et « disciplinaire ». En cas d'échec, il pourra poursuivre en deuxième année de licence et retenter sa chance. Un nouvel échec permettra de continuer en troisième année de licence.
Une innovation : la possibilité de redoubler pour valider les blocs essentiels
Le gouvernement introduit une innovation importante : les étudiants n'ayant pas réussi à valider leur niveau minimum dans les blocs « santé » et « disciplinaire » en première année auront le droit de redoubler pour atteindre ce niveau. Ils pourront ensuite passer en L2 et tenter d'être admis en filière de santé, ce qui représente un parcours de trois ans au total.
Ce nouveau dispositif conserve l'un des principaux apports de la LAS : l'ouverture à d'autres matières que celles strictement liées à la santé. Il permet également aux étudiants de se réorienter en licence s'ils échouent à intégrer une filière de santé.
Des réactions contrastées face à cette réforme
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a souligné que « les étudiants et les familles ont besoin de plus d'équité et d'accompagnement », tout en reconnaissant que certains points techniques restaient à préciser.
Louise Lenglin, vice-présidente de la fédération étudiante Fage, favorable à la voie unique, a salué « une grande avancée », se félicitant particulièrement de la possibilité de redoublement.
En revanche, la présidente des doyens de médecine, Isabelle Laffont, exprime des réserves. Si les doyens sont « très demandeurs » d'une évolution du système dual actuel, ils ont « quelques petites réserves ou questionnements » sur le nouveau dispositif. Elle a notamment mis en garde contre la nécessité d'un accompagnement et de moyens supplémentaires pour les universités, et a soulevé la question de la limitation des flux à l'entrée de la première année.
Les représentants universitaires présents lors de l'annonce partagent ces préoccupations, craignant que la réforme, en permettant le redoublement, ne contribue à surcharger des promotions déjà pleines à craquer. La question d'une forme de sélection à l'entrée de la première année reste donc ouverte.



