Montpellier : un examen informatisé des médecins vire au chaos technique
Pour une première, c'est un véritable fiasco ! Les épreuves classantes nationales (ECN) blanches en version dématérialisée, qui se sont déroulées du lundi 7 au mercredi 9 décembre 2015, se sont transformées en une déroute généralisée. Au niveau national, près de 8 300 étudiants en sixième année de médecine devaient tester leurs connaissances avec ce concours blanc, crucial pour préparer l'ECN, un examen capital pour leurs spécialités et affectations futures.
Des tablettes figées et des serveurs saturés
À Montpellier, 228 carabins montpelliérains et nîmois étaient réunis à l'Institut de biologie, transformé en laboratoire avec, pour cobayes, les médecins de demain. "Dès la première épreuve, au bout de cinq minutes, tout était bloqué avec les tablettes des élèves figées", raconte Carole Sauren, en charge de l'organisation de l'ECN à l'université de Montpellier. Ne voyant pas d'amélioration dans la journée, la capacité des serveurs a été doublée dans la nuit de lundi à mardi, mais en vain.
Le mardi matin, après quarante minutes d'épreuve marquées par des ralentissements et des bugs plus ou moins importants, le système a planté complètement. La colère a grondé parmi les étudiants, déjà stressés par cette sixième année déterminante pour leur avenir professionnel.
Boycott et frustration des étudiants
Exaspérés, certains carabins ont décidé de boycotter le concours. Le mercredi matin, seulement 141 candidats se sont présentés cahin-caha, et l'après-midi, à peine plus de 90 ont persisté. "Il faut les comprendre. Cette promotion a connu toutes les réformes. Les étudiants sont fatigués et stressés", souligne Carole Sauren. Elle ajoute que le Centre national de gestion (CNG) s'est davantage focalisé sur l'organisation plutôt que sur la technique, ce qui a contribué aux dysfonctionnements.
Un diagnostic technique nécessaire
Jacques Bringer, doyen de la faculté de médecine de Montpellier-Nîmes, préconise un diagnostic approfondi : "Les examens blancs ont pour objectif de déceler les anomalies. Sur ce point, c'est un succès ! À notre échelle, les épreuves sur tablettes se déroulent bien. Mais avec une charge de près de 8 500 étudiants… Il faut mettre plus de moyens et de compétences informatiques." Selon le CNG, la capacité des serveurs, dont le nombre est passé de dix à vingt, ne serait pas en cause, mais l'administration reconnaît des dysfonctionnements importants sur l'application informatique ECNi.
Le CNG a également précisé que "les épreuves ont permis de tester le dispositif opérationnel et informatique des ECN en grandeur nature mais pas d'évaluer comparativement les connaissances des étudiants." Reste à espérer que la plateforme numérique sera opérationnelle pour les prochaines épreuves tests, prévues en mars 2016, avant l'examen final du 20 au 24 juin.



