Fermeture de classe à Nîmes : la colère des parents d'élèves explose au Chemin-Bas d'Avignon
« Tant que le projet ne sera pas abandonné, on ne lâchera pas ! » Ce cri de colère résonne depuis jeudi matin devant l'école élémentaire Georges-Bruguier, située au Chemin-Bas d'Avignon à Nîmes. L'annonce de la fermeture d'au moins une classe dans cet établissement scolaire a provoqué une mobilisation immédiate et déterminée des parents d'élèves, profondément inquiets pour l'avenir de leurs enfants.
Une mobilisation massive et déterminée
Ce jeudi matin, environ 70 parents se sont rassemblés pour bloquer l'entrée de l'école, exprimant leur refus catégorique de cette décision administrative. Sabrina, mère d'un élève de CE1 et habitante du quartier actuellement sans emploi, témoigne avec émotion : « L'intérêt des enfants et élèves, c'était cette limite à ne pas franchir… Tant que les autorités ne seront pas revenues en arrière, on ne lâchera rien ! »
La nouvelle, annoncée mardi dans le cadre d'une réforme de la carte scolaire, a été vécue comme un véritable coup de tonnerre dans ce quartier déjà particulièrement fragilisé. Le Chemin-Bas d'Avignon est en effet régulièrement confronté à des problèmes de trafic de drogue et de violences, ce qui rend d'autant plus cruciale la présence de l'école comme lieu de stabilité et d'ouverture.
Une école vitale dans un quartier en difficulté
Sabrina insiste sur le rôle essentiel que joue l'établissement pour les enfants du secteur : « La seule bouffée d'air, la seule fenêtre d'ouverture vers le monde extérieur, et notamment vers la culture, pour la plupart des petits élèves, c'est justement leur école ! » Elle craint que la fermeture d'une classe ne dégrade encore davantage les conditions d'accueil et d'enseignement.
La situation est d'autant plus préoccupante que de nombreux élèves de l'école Georges-Bruguier font déjà face à des difficultés individuelles importantes : précarité économique, mauvaise maîtrise du français dans les familles, troubles de l'apprentissage comme la dyslexie ou le TDAH. « Fermer une classe ici, clairement, ce serait s'attaquer une nouvelle fois aux plus faibles ! », dénonce avec véhémence la mère de famille.
Une menace de poursuite des actions
Dans l'attente d'un abandon rapide de ce projet de suppression, Sabrina et d'autres parents prévoient de se rendre en début d'après-midi devant les services départementaux de l'éducation nationale de Nîmes pour exprimer leur colère. Elle prévient : « Ce matin, on a bloqué l'accès à l'école. Si cet après-midi les autorités ne font pas machine arrière, dès demain on refera la même ! »
Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de l'éducation dans ce quartier sensible, où le retour à l'école avait déjà été compliqué suite à des fusillades récentes. Les parents entendent donc faire entendre leur voix avec force pour défendre ce qu'ils considèrent comme un droit fondamental pour leurs enfants : celui de bénéficier de conditions d'enseignement dignes et adaptées à leurs besoins spécifiques.



