Le ministre de l'Éducation nationale saisit la justice contre les pratiques algorithmiques de TikTok
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a officiellement saisi le procureur de la République de Paris concernant le fonctionnement de l'algorithme du réseau social TikTok. Cette démarche judiciaire fait suite à des inquiétudes concernant la facilité avec laquelle la plateforme proposerait des contenus dangereux, notamment des vidéos « d'incitation au suicide ».
Une saisine fondée sur plusieurs infractions pénales
Selon les informations révélées par France Inter, le ministre a engagé cette procédure au titre de l'article 40 du Code pénal. La saisine vise spécifiquement trois infractions :
- Provocation au suicide
- Traitement de données illicites
- Transfert de données à caractère illicite
Cette action juridique marque une escalade significative dans la réponse des autorités françaises face aux risques potentiels liés aux algorithmes des réseaux sociaux.
Des tests révélateurs d'un algorithme problématique
Le ministre a expliqué que des tests ont été réalisés en créant un compte fictif présenté comme celui d'un adolescent de 14 ans. Sans avoir aimé le moindre contenu initialement, la plateforme aurait commencé à proposer, au bout de seulement quelques minutes d'utilisation, des vidéos particulièrement préoccupantes.
Parmi les contenus suggérés par l'algorithme de TikTok figuraient :
- Des vidéos de scarification
- Des contenus liés à la dépression
- Des vidéos d'incitation directe au suicide
Des « spirales mortifères » dénoncées par le ministre
Dans ses déclarations à France Inter, Édouard Geffray a employé des termes forts pour décrire le phénomène. Il a dénoncé ce qu'il qualifie de « spirales mortifères » qui, selon lui, « embarquent les adolescents dans des directions dangereuses ».
Cette expression souligne la préoccupation des autorités éducatives face à l'impact potentiel de ces algorithmes sur la santé mentale des jeunes utilisateurs, particulièrement vulnérables.
Cette affaire intervient dans un contexte plus large de vigilance accrue concernant l'influence des réseaux sociaux sur les jeunes générations et leur exposition à des contenus potentiellement dangereux.



