Suppressions de postes dans l'Éducation : les syndicats dénoncent une dégradation visible et appellent à la grève
Éducation : les syndicats dénoncent les suppressions de postes et appellent à la grève

Les syndicats de l'Éducation nationale sonnent l'alarme face aux effets dévastateurs des suppressions de postes

Une intersyndicale regroupant la FSU, l'Unsa, la CFDT, la CGT et SUD a lancé un appel urgent à amplifier la mobilisation contre les réductions d'effectifs dans l'enseignement. Dans un communiqué commun diffusé vendredi, les organisations dénoncent avec vigueur les choix budgétaires du gouvernement qu'elles jugent responsables d'une dégradation accélérée du service public d'éducation.

Des conséquences déjà palpables dans les collèges et lycées

Les syndicats pointent du doigt des effets immédiatement visibles dans le second degré :

  • Des classes de plus en plus chargées avec des effectifs élèves en hausse
  • Une réduction significative de l'offre de formation disponible
  • Des vies scolaires qualifiées d'« asphyxiées » par le manque de moyens humains et matériels

Dans le premier degré, la situation s'annonce tout aussi préoccupante. Avec l'ouverture prochaine des cartes scolaires après les élections municipales, les organisations anticipent des milliers de fermetures de classes dans les écoles maternelles et élémentaires à travers le pays.

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Un calendrier de mobilisation intensifié

Face à cette situation critique, l'intersyndicale organise une semaine d'actions du 30 mars au 3 avril, avec une journée nationale de grève prévue le 31 mars. Cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement de protestation plus large qui a déjà vu plusieurs actions se dérouler à travers la France depuis la mi-février.

Le 17 février dernier, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Paris tandis qu'en Île-de-France, environ 6,16% des enseignants observaient un mouvement de grève. À Bordeaux, une centaine de professeurs, rejoints par des parents d'élèves, se sont rassemblés devant le rectorat le 11 mars pour exprimer leur inquiétude.

Des chiffres qui font débat

Selon les projections officielles, 4.000 suppressions de postes d'enseignants sont attendues pour la rentrée 2026, toutes catégories confondues (public et privé). Ce chiffre se décompose en 1.891 postes dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré.

Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, justifie ces mesures par une « chute démographique vertigineuse ». Les statistiques du ministère indiquent effectivement une diminution de 1,7% des effectifs élèves à la rentrée 2025, avec 106.900 élèves de moins qu'en 2024.

Mais les syndicats contestent cette approche : « La baisse démographique doit être une opportunité pour faire baisser de manière significative le nombre d'élèves par classe », affirment-ils, dénonçant au contraire une politique qui aggrave les conditions d'apprentissage.

Un budget 2026 vivement critiqué

Les organisations syndicales qualifient le budget 2026 de synonyme de dégradation des conditions de travail et de poursuite du déclassement salarial des enseignants. Elles reprochent au gouvernement ses choix « court-termistes » et exigent un budget 2027 comportant des mesures concrètes de créations d'emplois et de revalorisation salariale sans contreparties.

Dans leur communiqué, les syndicats avertissent que « ces choix ne peuvent que dégrader encore davantage un service public d'Éducation déjà exsangue », appelant à une révision urgente de la politique éducative du gouvernement.

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