Edmond Cramail et Léo Dubosc, élèves en classe de première, ont profité d’un dispositif pour intégrer pendant une semaine un très prestigieux établissement de Versailles. Le lycée Sainte-Geneviève de Versailles, surnommé « Ginette », est l’établissement dont les classes préparatoires aux grandes écoles sont les plus convoitées en France, grâce à des résultats exceptionnels issus d’un recrutement haut de gamme. Malgré sa réputation, « Ginette » ne ferme pas ses portes aux étudiants venus de « petits » lycées ruraux.
Un partenariat pour l'égalité des chances
L’établissement, en partenariat avec l’association Des territoires aux grandes écoles (DTGE), a mis en place le dispositif AperSup. Ce nom évoque « un aperçu » ou « une ouverture » sur l’enseignement supérieur. Il permet à des lycéennes et lycéens ayant choisi la spécialité mathématiques de bénéficier de deux semaines d’immersion de quatre jours, une en première et une en terminale, dans les classes préparatoires. Au-delà de ces stages, les élèves retenus sont accompagnés pendant l’année de terminale par des anciens élèves.
Sélection sur dossier
Mila Bagnara et Tony Mennadi, coprésidents de DTGE en Lot-et-Garonne, ont présenté le dispositif aux enseignants du lycée Marguerite-Filhol. Cet établissement est déjà engagé dans les Cordées de la réussite, Clé sup, et le programme « Si je le veux je le peux » avec Sciences-Po Bordeaux. David Olivier, professeur de mathématiques, a relayé la proposition auprès de ses élèves. Edmond Cramail et Léo Dubosc ont été sélectionnés sur leurs résultats scolaires au niveau du lycée, puis leur dossier a été retenu au niveau départemental.
Edmond, déjà bien informé sur son orientation future, espère intégrer une des deux grandes écoles spécialisées dans l’automobile, version sport de préférence, pour devenir aérodynamiseur. Léo, de son côté, choisira l’aérospatiale. Conscients des efforts nécessaires pour réaliser leur rêve, les deux jeunes Fumélois n’ont pas hésité à « sacrifier » une semaine des vacances de printemps pour vivre une immersion de quatre jours chez « Ginette ».
Une expérience enrichissante
Aucun des deux ne regrette son séjour versaillais, durant lequel ils ont eu des cours tous les matins et des activités l’après-midi. « Cela a été une très belle expérience ! J’ai hâte d’y retourner en terminale », s’exclame Edmond, un large sourire aux lèvres. Tout aussi enthousiaste, Léo reste plus analytique : « Nous avons pris conscience de la différence de rythme et du niveau très soutenu demandé. »
Malgré cette constatation et les fameuses « colles » (évaluations hebdomadaires) auxquelles ils ont été confrontés comme leurs aînés, ils sont surtout ravis d’avoir « cassé l’image » des classes préparatoires. « On nous présente souvent une vue très négative, en particulier sur la compétition à mort entre les élèves. De fait, nous avons ressenti une grande solidarité entre les élèves qui savent que chacun ne peut réussir seul contre les autres », affirme Edmond.
Si « Ginette » a mis en place AperSup pour attirer des candidats, elle a réussi son pari. « Si on se prépare, on peut le faire, même s’il faut de bonnes jambes ! », lance Edmond. Côté cerveau, les deux Fumélois semblent bien équipés.



