Covid-19 : les écoles en Occitanie sous tension face à la flambée des contaminations
Covid-19 : écoles d'Occitanie sous tension face aux contaminations

Covid-19 : les établissements scolaires d'Occitanie sous très haute tension

Les écoles et collèges de la région Occitanie, particulièrement dans les départements des Pyrénées-Orientales et de l'Hérault, font face à une situation de crise sanitaire sans précédent. La flambée des cas de contamination au variant Omicron a entraîné la fermeture de centaines de classes, créant une tension extrême sur le système éducatif local.

Des chiffres qui doublent en quinze jours

Les derniers chiffres communiqués par l'académie de Montpellier sont alarmants. Au jeudi 27 janvier, on dénombrait 971 classes fermées, 1 267 personnels et 21 184 élèves contaminés par le Covid-19. Ces données représentent un doublement par rapport à deux semaines auparavant, où seulement 487 classes, 689 personnels et 10 969 élèves étaient touchés.

La situation est particulièrement préoccupante dans le premier degré, où de nombreuses classes se retrouvent clairsemées ou tout simplement fermées. Malgré cette vague de contaminations, seulement trois établissements scolaires ont dû fermer complètement leurs portes, témoignant des efforts déployés pour maintenir l'enseignement en présentiel.

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Une pénurie de remplaçants qui aggrave la crise

Le contexte sanitaire difficile ne fait qu'aggraver des problèmes structurels déjà existants. « On fait du bricolage pour assurer des cours », confie une enseignante de la Cité scolaire Françoise-Combes à Montpellier, où l'absence d'un professeur de français non remplacé depuis plusieurs mois pèse lourdement sur l'organisation pédagogique.

Dans le collège Rimbaud de Montpellier, cinq enseignants manquaient à l'appel ce lundi 31 janvier. Salira Ouali, représentante de la FCPE, témoigne également des difficultés rencontrées en primaire : « L'instituteur de ma fille est absent depuis mardi et on a appris ce lundi que son remplaçant avait le Covid. »

Des parents désemparés face à l'incertitude

De nombreux parents se retrouvent désemparés, apprenant souvent au dernier moment que le professeur de leur enfant est positif au Covid-19. La continuité pédagogique est mise à mal, tout comme les nerfs des familles, des enseignants et des chefs d'établissement en ce début d'année 2022.

Aurore Moser, membre de l'association des parents indépendants du lycée Joffre à Montpellier, reconnaît cependant les efforts de l'administration : « Ils font vraiment ce qu'il faut pour trouver des solutions, ce qui n'est pas évident car dans le second degré, ils ne peuvent enclencher une demande de remplacement que lorsque le professeur est absent quinze jours. »

Les priorités éducatives reléguées au second plan

Rémy Landri, président de la FCPE dans les Pyrénées-Orientales, dénonce une situation où « on en oublie les problèmes majeurs, la formation, l'orientation, les compétences des élèves, la gestion du décrochage scolaire, tant on se préoccupe du protocole... ».

La pénurie d'enseignants remplaçants, particulièrement criante dans le premier degré, constitue un défi majeur pour l'académie qui doit jongler entre exigences sanitaires et impératifs pédagogiques.

Des mesures d'urgence déployées par l'académie

Face à cette crise, la rectrice de l'académie Sophie Béjean a annoncé le recrutement de plus de 200 remplaçants. Depuis début janvier, le rectorat de Montpellier a engagé 190 CDD et 16 fonctionnaires stagiaires pour créer de nouveaux postes de remplaçants.

« Ce sont des CDD de six mois et, avec les reports de formations, nous avons augmenté nos capacités de remplacement dans le premier degré de 30 à 40 % », précise la rectrice, soulignant l'ampleur de l'effort effectué.

D'autres mesures d'urgence ont été mises en place :

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  • 27 renforts administratifs recrutés pour le premier degré
  • Un crédit de 48 000 heures supplémentaires débloqué pour les assistants d'éducation
  • 6 000 masques FFP2 déployés, en priorité pour les enseignants de maternelle et de primaire

Un appel à la solidarité éducative

Sophie Béjean appelle à la compréhension mutuelle : « Il y a forcément un aspect frictionnel qui complique les situations sur le terrain, mais j'ai constaté de la bienveillance et de la compréhension mutuelles entre nos équipes, qui font le maximum, et les parents. Il faut tenir le cap ensemble. »

Malgré les difficultés, l'académie maintient son objectif de préserver autant que possible l'enseignement en présentiel, tout en garantissant la sécurité sanitaire des élèves et du personnel éducatif. La situation reste cependant fragile et évolutive, dépendant directement de la courbe épidémique dans la région.