Convention citoyenne : des propositions pour réorganiser les temps de l'enfant
La Convention citoyenne sur les temps de l'enfant s'est achevée ce samedi 23 novembre 2025, après sept sessions de travail intensives. Rassemblant environ 130 citoyens, cette initiative, inspirée des modèles précédents sur le climat et la fin de vie, avait pour mission de répondre à une question cruciale posée par l'ancien Premier ministre François Bayrou : comment mieux structurer les différents temps de la vie quotidienne des enfants pour favoriser leurs apprentissages, leur développement et leur santé ?
Retour à la semaine de cinq jours pour alléger les journées
Les participants ont établi un constat sans appel : les rythmes scolaires actuels sont inadaptés aux rythmes biologiques des enfants. Pour remédier à cette situation, la Convention préconise un retour à la semaine de cinq jours pleins dès l'école élémentaire. Cette mesure vise à étaler les apprentissages, réduisant ainsi la densité des journées de classe. Condenser les cours sur quatre jours entraîne des journées trop denses, des irrégularités dans les heures de coucher et de lever, avec des incidences majeures sur les capacités d'attention et la fatigue des enfants, soulignent les citoyens. Bien que sensible, car la réforme de 2013-2014 avait déjà tenté d'introduire la semaine de quatre jours et demi avant d'être largement abandonnée en 2017, cette proposition s'inscrit dans une logique de bien-être pour les enfants et présente des implications positives pour la majorité des parents.
Réforme des vacances scolaires : maintien de la durée mais réduction des zones
Sur la question des vacances, la Convention a opté pour le maintien des seize semaines actuelles, réparties en huit semaines l'été et huit en petites vacances, rejetant ainsi l'idée d'un raccourcissement soutenu par un tiers des participants. En revanche, elle préconise de regrouper les vacances de février et de Pâques sur deux zones au lieu de trois actuellement. Cette organisation, qui inclut une semaine commune, permettrait à tout le territoire d'avoir des vacances en commun, facilitant notamment la vie des enfants de familles séparées habitant dans des zones différentes. Cette approche se rapproche d'une alternance de sept semaines de cours et deux semaines de vacances, préconisée par les chronobiologistes, note le rapport, malgré les remarques du président Emmanuel Macron sur la longueur des vacances en France comparée à d'autres pays.
Un modèle actuel inadapté et des propositions pour le collège et lycée
Le rapport met en lumière un enseignement principal : l'organisation actuelle des temps n'est pas construite pour les enfants, mais en fonction des contraintes professionnelles des parents et des besoins économiques, selon Kenza Occansey, vice-président du Cese et organisateur de la convention. Pour le collège et le lycée, les rapporteurs se sont inspirés des travaux d'un panel d'adolescents, proposant de consacrer les matinées aux cours théoriques et les après-midi aux enseignements plus pratiques. À partir de 15h30, place serait faite aux activités extrascolaires, artistiques et sportives, avec des devoirs allégés. Les cours ne devraient pas commencer avant 09h00 et être limités à 45 minutes, afin de préserver du temps libre de qualité, souvent dévoré par les écrans (5 heures par jour en moyenne entre 11 et 19 ans). La Convention s'est également prononcée pour l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et des téléphones portables jusqu'au collège.
Quelle suite pour ces recommandations ?
Reste à savoir quelle suite peut avoir ce rapport, alors que le gouvernement a changé. Il doit être prochainement remis à l'exécutif, puis présenté aux parlementaires en janvier et aux élus locaux, alimentant ainsi les débats en vue des élections municipales de mars. Ces propositions visent à créer un environnement plus favorable au développement des enfants, en rééquilibrant les temps scolaires, extrascolaires et familiaux.



