Fermeture exceptionnelle d'un collège montpelliérain en pleine crise des effectifs
Le collège Croix-d'Argent de Montpellier a connu une fermeture inédite ce jeudi après-midi, conséquence directe de l'exercice du droit de retrait par l'ensemble du personnel éducatif. Cette décision radicale intervient dans un contexte de tensions persistantes autour des conditions de travail et du manque chronique d'effectifs qui frappe l'établissement.
Une situation explosive qui conduit à la fermeture
Dès le début de l'après-midi de ce jeudi, les personnels du collège Croix-d'Argent ont exercé leur droit de retrait, entraînant la fermeture immédiate de l'établissement. Les élèves ont été renvoyés dans leurs foyers, tandis que l'incertitude planait quant à une éventuelle réouverture pour le vendredi suivant. Cette action spectaculaire s'inscrit dans une longue série de mobilisations, le personnel ayant déjà manifesté son mécontentement par des grèves en janvier dernier.
La situation critique trouve son origine dans l'absence simultanée des deux conseillers principaux d'éducation (CPE) et de l'intégralité de l'équipe des assistants d'éducation (AED), tous en arrêt maladie. Privé de sa Vie Scolaire, le collège s'est retrouvé dans l'impossibilité de fonctionner normalement, les enseignants ne pouvant compenser seuls ce déficit organisationnel majeur.
Des effectifs en berne face à une population scolaire en expansion
Le cœur du conflit réside dans le déséquilibre croissant entre le nombre d'élèves et les moyens humains alloués à l'établissement. Alors que le collège Croix-d'Argent accueillait environ 500 élèves il y a une décennie, il en compte désormais 810, soit une augmentation de plus de 60%. Dans le même temps, les effectifs du personnel ont stagné, voire diminué, conduisant à des classes passant d'une vingtaine à une trentaine d'élèves.
Jean-Baptiste Vincensini, représentant du personnel et enseignant d'histoire-géographie, souligne l'impact profond de cette situation sur "l'ensemble de la communauté éducative". Il réclame en priorité "le remplacement de nos collègues CPE" dans l'immédiat, et plaide pour "une augmentation de l'effectif au niveau de la vie scolaire pour le long terme".
Les revendications du personnel incluent également la création de deux postes supplémentaires de surveillants, demandés depuis l'année précédente sans succès, ainsi que des postes d'accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) refusés malgré les besoins identifiés.
Le rectorat de Montpellier réagit et convoque une audience
En fin de journée, le rectorat de Montpellier a apporté sa version des faits, expliquant que les CPE absents pour deux semaines ne pouvaient être remplacés selon les procédures en vigueur. Concernant les AED, l'institution précise avoir dépêché "2 AED en urgence ce jeudi matin, un troisième devant arriver l'après-midi".
Le rectorat a par ailleurs rappelé les conditions strictes d'exercice du droit de retrait, qui nécessite la démonstration d'"un danger grave et imminent", laissant planer un doute sur la légitimité de la fermeture. Une audience avec les personnels concernés est d'ores et déjà programmée pour le 19 avril, visant à trouver des solutions à cette crise institutionnelle.
Cette fermeture exceptionnelle du collège Croix-d'Argent met en lumière les tensions structurelles qui traversent le système éducatif français, entre augmentation des effectifs scolaires et stagnation des moyens humains, dans un contexte où la qualité des conditions d'enseignement et d'encadrement des élèves reste au centre des préoccupations.



