École inclusive à Montpellier : le rectorat répond aux critiques en soulignant ses efforts
Dans un contexte où l'inclusion scolaire des élèves en situation de handicap, garantie par la loi de 2005, rencontre de graves difficultés, le rectorat de Montpellier fait face aux remontées du terrain. Professeurs et accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) dénoncent un manque de moyens, de places et d'accompagnants dans les établissements spécialisés, entraînant une surcharge du système alors que les besoins sont croissants.
Des chiffres en hausse et des défis organisationnels
L'académie de Montpellier rappelle que désormais 7 % des enfants ou adolescents scolarisés sont en situation de handicap, soit 27 500 élèves, ce qui représente une augmentation de 22 % en quatre ans. Carole Drucker-Godard, la rectrice, constate : "On reçoit chaque semaine de plus en plus de notifications MDPH qui nous empêchent d'avoir des organisations stables et nous obligent à déplacer des AESH." Elle ajoute que mutualiser les ressources est nécessaire quand cela n'est pas dommageable pour l'élève, soulignant que certains progressent et n'ont plus forcément besoin d'AESH, ce qui permet de libérer des moyens pour d'autres.
Nouveaux dispositifs et coordination améliorée
Les Pials, qui géraient les AESH, vont progressivement être remplacés par des pôles d'appui à la scolarité (PAS), déjà déployés dans le Gard et l'Aude. Guillaume Laffitte, conseiller technique école inclusive au rectorat, explique : "L'idée est de mettre en commun le médico-social et l'éducatif pour répondre mieux et plus vite avec des binômes enseignant spécialisé-éducateur spécialisé." L'ARS recrutera des éducateurs spécialisés mis à disposition de l'école, permettant même de répondre en première intention aux besoins d'un élève sans notification, créant ainsi une vraie plateforme de coordination.
Structures spécialisées et matériel adapté
L'école inclusive inclut également 484 Ulis (Unités localisées pour l'inclusion scolaire), dotées d'un enseignant spécialisé et d'un AESH collectif encadrant 10 à 15 élèves. "L'objectif de l'Ulis c'est que l'élève soit dans sa classe de référence. Le binôme est là pour accompagner, adapter les enseignements. C'est un vrai dispositif d'inclusion", souligne Guillaume Laffitte. De plus, l'académie compte :
- 7 dispositifs d'autorégulation (DAR) pour les élèves atteints de troubles du neurodéveloppement, avec un projet d'ouverture dans l'enseignement supérieur à Montpellier, une première nationale.
- 30 dispositifs d'accueil pour les enfants et adolescents souffrant de troubles du spectre de l'autisme.
- 5 unités d'enseignements pour élèves polyhandicapés.
- 3 pôles d'enseignement pour les jeunes sourds.
Guillaume Laffitte met aussi en avant le déploiement de matériel pédagogique, comme des tablettes adaptées à tout type de déficience pour 6 600 enfants bénéficiaires.
Accompagnement des enseignants et vision d'avenir
Face au mal-être des enseignants confrontés à des cas de plus en plus lourds, la rectrice répond : "J'entends les appels. On a des remontées mais je ne note pas de recrudescence d'arrêts maladie pour ces raisons. Nous les accompagnons au mieux." Un quart des demandes de formation du personnel concerne l'école inclusive, avec de nombreux modules disponibles sur le sujet. Carole Drucker-Godard conclut : "Tout n'est pas parfait et on voit de très belles choses. L'école inclusive a beaucoup avancé. Il ne faudrait pas, sous couvert que ça déstabilise des classes, qu'on revienne en arrière. L'Éducation nationale, seule, ne peut pas tout. On a besoin de travailler encore plus avec l'ARS."



