Une rentrée glaciale au collège Paul-Dardé de Lodève
L'ambiance était particulièrement froide au collège Paul-Dardé de Lodève dans l'Hérault cette semaine, et pas seulement à cause des températures hivernales. Enseignants, personnels et parents d'élèves se sont rassemblés devant l'établissement ce vendredi matin pour protester contre des conditions de travail et d'apprentissage devenues intenables.
Une panne de chauffage prolongée
Depuis le début de la semaine, plusieurs salles de classe et espaces communs du collège étaient privés de chauffage. La situation n'a été résolue que jeudi soir vers 22 heures, grâce à l'intervention de deux techniciens de la société Idex mandatés par le Conseil Départemental. La chaudière, pourtant remplacée il y a cinq ans, avait une nouvelle fois rendu l'âme.
« Les équipes ont prévu un débrayage et évoqué un droit de retrait que je comprends parfaitement face à cet incident, couplé à une vague de froid », explique Jean-Michel Rol, le principal du collège, présent devant l'établissement pour s'assurer du bon déroulement de la journée.
Des températures alarmantes
La veille de la manifestation, enseignants et personnels avaient mesuré les températures dans différentes parties du collège. Les relevés étaient préoccupants : entre 11 et 14 degrés dans les salles de classe, et seulement 8 degrés dans le réfectoire.
« Aujourd'hui le collège est une passoire et une bouilloire thermique selon les saisons », déplore Pierre Prim, représentant de la communauté éducative. « Nous demandons aussi que le projet de végétalisation de la cour prévu soit réalisé ».
Une mobilisation pour des solutions durables
Face à cette situation récurrente, la communauté éducative a décidé de passer à l'action. En assemblée générale, enseignants et personnels ont voté un mouvement de protestation et évoqué leur droit de retrait pour ce vendredi.
Jean-Philippe Astier, enseignant et cosecrétaire départemental du Snep-FSU, souligne : « Ce n'est pas la première fois que des pannes arrivent sur un système de réseaux vétuste. Des défaillances accentuées par des bâtiments mal isolés et énergivores ».
Pour les manifestants, les réparations d'urgence ne suffisent plus. Ils réclament une rénovation énergétique globale et durable de l'établissement. « À chaque incident, des réparations en urgence et coûteuses sont engagées, sans jamais traiter le problème de fond », insiste Jean-Philippe Astier.
Des enjeux éducatifs et sociaux
Le principal du collège rappelle l'importance du maintien des cours en présentiel pour les élèves de l'établissement : « Près de 30% des élèves sont issus du Quartier Prioritaire de la Ville, certains connaissent le mal-logement et la précarité énergétique ». Le travail à distance à la maison serait pénalisant pour beaucoup d'entre eux.
Pierre Prim a saisi le registre santé et sécurité au travail pour alerter le rectorat, et a adressé un courrier aux parents d'élèves et au Département. « Il en va de la santé des élèves et des personnels, de la qualité et du plaisir des apprentissages, mais aussi de la cohérence des politiques publiques en matière de transition écologique », conclut-il.
Malgré la réparation de la chaudière, l'inquiétude demeure au collège Paul-Dardé. La communauté éducative reste mobilisée pour obtenir des engagements concrets en matière de rénovation énergétique, estimant que la santé des élèves et des personnels, ainsi que la qualité des apprentissages, en dépendent directement.



