Charente-Maritime : 51 classes fermées en 2026 face à la baisse démographique scolaire
Charente-Maritime : 51 classes fermées en 2026

Charente-Maritime : une rentrée 2026 marquée par la fermeture de 51 classes

L'Éducation nationale a dévoilé ce jeudi 26 mars les prévisions pour la rentrée scolaire 2026 dans le département de la Charente-Maritime. Face à une démographie en baisse constante, le bilan est sévère : 51 classes devraient être fermées, contre seulement 22 ouvertures. Cette tendance, qui se confirme rentrée après rentrée, soulève des inquiétudes quant à l'avenir du service public d'éducation dans la région.

Une chute démographique prononcée

Mahdi Tamene, directeur académique des services de l'Éducation nationale (Dasen), a annoncé une diminution de 1 080 écoliers attendue pour septembre 2026. L'État prévoit ainsi un peu plus de 43 000 inscrits dans le premier degré à l'automne prochain. Ces chiffres, communiqués à l'issue du comité social d'administration départemental, reflètent une érosion des effectifs qui persiste depuis 2022.

La baisse démographique est particulièrement sensible dans le centre de la Charente-Maritime, dans un quadrilatère entre Rochefort, Saint-Jean-d'Angély, Pons et Royan. L'agglomération saintaise est directement concernée, et ses collèges devront composer avec cette tendance lourde. « À l'horizon des dix prochaines années, c'est sur cette zone qu'il y aura le plus d'impact », reconnaît Mahdi Tamene.

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Des contrastes territoriaux marqués

La réunion de ce jeudi a également mis en lumière des disparités géographiques :

  • Le secteur de La Rochelle se maintient, ainsi que l'extrême sud du département.
  • Les écoles du nord des îles de Ré et d'Oléron sont fragilisées.
  • L'île d'Aix constitue une exception spectaculaire, avec seulement six élèves attendus, mais le service public y sera maintenu.

Malgré les fermetures, l'Éducation nationale met en avant une légère amélioration de l'encadrement. La moyenne passera de 21,35 à 21,2 élèves par classe. « On sera autour de 20 élèves par classe dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, à Saintes, La Rochelle, Rochefort et Royan », assure le directeur académique.

Une pomme de discorde avec les syndicats

La baisse des effectifs se traduira par une réduction de 28 emplois équivalents temps plein en 2026-2027, pour un total de 2 780 postes dans le premier degré. Cette décision suscite une vive opposition des syndicats. Un rassemblement d'une trentaine de personnels, organisé par la FSU et la CGT, s'est tenu ce jeudi devant la direction des services départementaux à La Rochelle.

Pascal Gandemer, secrétaire départemental de la FSU, dénonce vigoureusement cette politique : « Nous subissons une nouvelle curée de la part du gouvernement. Dans notre académie de Poitiers, 100 postes en moins dans le premier degré et 106 dans le second degré sont prévus. Nous nous opposons à l'argument fallacieux de la baisse démographique. Dans ce pays, on loupe une occasion historique de diminuer le nombre d'élèves par classe. On va conserver des effectifs à 35 par classe en lycée et arriver à 30 par classe en collège ».

Anticiper et s'adapter

Face aux critiques, la direction académique se borne à répondre que « le message a été bien entendu » et transmis aux instances supérieures. Mahdi Tamene insiste sur la nécessité pour les élus d'anticiper ces évolutions. « Il vaudrait mieux limiter le nombre de toutes petites écoles qui ne tiennent pas sur la durée », plaide-t-il, citant l'exemple de regroupements scolaires fonctionnels comme à Aulnay.

Une semaine de mobilisation annoncée

En réponse à ces annonces, l'intersyndicale de l'Éducation nationale appelle à une semaine de mobilisation. Un rassemblement départemental est organisé mardi 31 mars à 10h30, place de Verdun à La Rochelle, suivi d'une manifestation vers la préfecture. Un appel à la grève est lancé pour protester contre « la destruction du service public » de l'Éducation nationale.

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Une réunion publique de coordination est également prévue à Jonzac le même jour à 18 heures, selon le syndicat national Force ouvrière lycées collèges (SNFOLC) 17. Cette mobilisation vise à organiser des actions concertées entre établissements pour défendre l'avenir de l'éducation en Charente-Maritime.