Carte scolaire dans le Gard : les derniers ajustements avant la rentrée sous tension
Ce lundi 23 juin, à 14 heures, un Comité social d'administration (CSA) se réunit dans les locaux de la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale à Nîmes. Cette réunion cruciale vise à finaliser les ajustements de la carte scolaire pour le département du Gard, en prévision de la rentrée de septembre prochain. Elle intervient dans un contexte de forte mobilisation des acteurs de l'éducation, avec des représentants syndicaux, des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et des parents d'élèves venant de communes comme Garons, Redessan et Alès.
Une pression syndicale accrue pour infléchir les décisions
Les annonces du 11 mars dernier, prévoyant 14 ouvertures de classes contre 47 fermetures, ont suscité une vive opposition. Arthur Lhéritier, du syndicat SNUDI-FO, souligne que "ce lundi, c'est le gros round pour l'ajustement de la carte scolaire". Il tempère cependant les attentes, notant que les changements seront "très à la marge à la rentrée de septembre", car toute ouverture nécessite une arrivée significative d'élèves entre-temps. Le SNUDI-FO, qui a rejoint le comité national de défense de l'école publique, exprime un pessimisme marqué, dénonçant un "seuil critique" atteint en termes de moyens.
Le syndicat met en avant des réalités concrètes : des enseignants confrontés à l'inclusion systématique sans ressources adaptées, devant gérer seuls des enfants nécessitant des soins, souvent dans des classes à double ou triple niveaux avec plus de 25 élèves. Il pointe également un manque "criant de remplaçants" et un "climat de défiance instauré par la hiérarchie". Selon des informations obtenues, pour la première fois, des consignes ont été données aux directions d'écoles de ne pas évoquer les fermetures de classe dans leurs établissements, une mesure perçue comme visant à éviter les mobilisations.
Mobilisations locales et pétitions pour défendre l'école publique
Au-delà du rassemblement de ce lundi, qui devrait mobiliser plusieurs dizaines de personnes, le SNUDI-FO rappelle les actions récentes dans le Gard. À Garons, plus de 500 signatures ont été recueillies pour une ouverture de classe en maternelle. D'autres communes comme Boisset-et-Gaujac, Uzès, Redessan et Alès (écoles Joséphine Baker, Germaine Tillon, Langevin) sont également engagées dans la lutte. À Saint-Paul-les-Fonts, 300 personnes ont signé une pétition contre les doubles et triples niveaux à 25 ou 26 élèves, tandis qu'à Lanuéjols-Trèves, des interrogations persistent sur la préservation de l'école rurale, avec 27 élèves en maternelle-CP et 25 en élémentaire.
Un préprojet de douze fermetures supplémentaires est déjà connu des équipes pour cet ajustement du 23 juin. Malgré cela, Arthur Lhéritier garde "bon espoir que cela soit positif pour Garons, Redessan lors du CSA". Le SNUDI-FO réitère ses demandes avant la réunion : annuler les fermetures, recruter des enseignants spécialisés, ouvrir des places en établissements médico-sociaux, créer des postes, établir un véritable statut de fonctionnaire et un temps plein de 24 heures pour les AESH, et abandonner les dispositifs PAS et PIAL.
Une mobilisation syndicale élargie et des enjeux nationaux
D'autres syndicats se joignent à la mobilisation. Le SNUIPP a lancé un appel aux équipes pour communiquer des chiffres qui pourraient entraîner une ouverture ou éviter une fermeture. Cette coordination reflète des préoccupations plus larges sur l'état de l'école publique en France, avec des enseignants signalant des souffrances et des risques de burn-out. Le comité national de défense de l'école publique gagne ainsi du terrain dans le Gard, amplifiant les revendications pour une éducation de qualité et des conditions de travail décentes.
Les ajustements de la carte scolaire dans le Gard s'inscrivent donc dans un débat national sur les moyens alloués à l'éducation, avec des répercussions directes sur les élèves, les familles et les professionnels. La réunion de ce lundi à Nîmes sera déterminante pour l'avenir des écoles du département, sous le regard attentif de toutes les parties prenantes.



