Béziers : la mobilisation s'intensifie pour le classement en REP+ du collège La Dullague
Béziers : mobilisation pour le classement REP+ du collège La Dullague

Béziers : la lutte pour le classement en REP+ du collège La Dullague se poursuit

Une trentaine de parents d'élèves et d'enseignants se sont rassemblés ce mercredi 26 novembre devant le collège La Dullague à Béziers, réaffirmant avec force leur demande de classement en REP+ (Réseau d'éducation prioritaire renforcé). Cette mobilisation s'inscrit dans un combat qui dure depuis 2014, marqué par des promesses non tenues et un dialogue souvent qualifié de « dialogue de sourds » avec les autorités.

Des indicateurs sociaux et scolaires alarmants

Les représentants des parents et des enseignants ont présenté des chiffres accablants pour justifier leur demande. L'Indice de position sociale (IPS) du collège La Dullague a chuté de 83 en 2016 à 75 en 2024, bien en dessous de la moyenne nationale de 101. Corentin Ratonnat, du conseil local FCPE, précise : « À titre de comparaison, l'IPS du collège Krafft, qui est en REP+, est de 80, et celui du collège privé du Pic atteint 131. »

Les autres indicateurs sont tout aussi préoccupants :

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  • Plus de 75% des élèves sont boursiers
  • Le taux de réussite au brevet est de 74% en 2024, contre 85,5% au niveau national
  • Plus de 70% des familles du quartier Iranget-Grangette vivent sous le seuil de pauvreté

« La souffrance des élèves est une réalité quotidienne »

Karen Anicet, représentante des parents d'élèves Apeco, a exprimé son exaspération : « On en a marre, ras le bol, ras la casquette ! Marre de demander, de supplier pour obtenir des aides auxquelles on a droit. » Elle a interpellé directement le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray : « La souffrance des élèves est là, l'échec scolaire est une réalité quotidienne. Que vous faut-il de plus pour réagir ? »

Déborah Martinez, professeur d'espagnol au collège, souligne l'impact des problématiques sociales sur les élèves : « Certes, le rectorat nous a accordé quelques moyens en plus, mais il faut le classement en REP pour pérenniser ces moyens et stabiliser l'équipe éducative. L'éducation prioritaire a été pensée précisément pour des établissements comme le nôtre. »

Un soutien politique local affirmé

Le maire de Béziers, Robert Ménard, et son épouse Emmanuelle Ménard étaient présents pour soutenir la mobilisation. Cette dernière a rappelé avoir interpellé à plusieurs reprises les ministres de l'Éducation nationale et le Président Macron lorsqu'elle était députée, dénonçant « un tel mépris face à la souffrance des familles et des enseignants ».

Robert Ménard a déclaré : « Il faut qu'ils prennent le problème à bras-le-corps, au lieu de le renvoyer à chaque fois à l'année suivante. S'il y a classement, la mairie répondra présent pour les écoles. On est prêts. »

Thierry Mathieu, conseiller régional et candidat aux prochaines municipales, a également apporté son soutien : « Le collège est situé dans le 5e quartier le plus pauvre de France. Il faut donc des moyens, or ils n'y sont pas, ce n'est pas normal. »

Une attente de réponse et une détermination inébranlable

Après des visioconférences avec le ministère jugées peu concluantes ces dernières semaines, parents et enseignants attendent une réponse qui devrait tomber début décembre. Mais leur détermination ne faiblit pas.

Karen Anicet a conclu la mobilisation sur une note ferme : « Nous ne lâcherons rien. Le passage en REP+ n'est plus une option, c'est une obligation ! » Un message clair adressé aux décideurs nationaux, alors que le collège Lucie-Aubrac et les écoles primaires de secteur (Casimir-Perret, La Chevalière et Édouard-Herriot) sont également concernés par cette lutte pour l'égalité des chances éducatives.

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