Le brevet des collèges, examen de fin de troisième, pourrait bientôt connaître une transformation majeure. Selon un rapport remis au ministère de l'Éducation nationale, il est envisagé de faire de cette épreuve un véritable substitut du certificat d'études, disparu en 1977. Ce changement viserait à redonner de la valeur à un examen souvent critiqué pour son manque de sélectivité.
Un examen en quête de sens
Actuellement, le brevet des collèges est un examen national qui évalue les connaissances des élèves en fin de collège. Cependant, son taux de réussite dépasse les 85 %, ce qui interroge sur sa capacité à distinguer les niveaux. Le rapport propose de le rendre plus exigeant, avec une épreuve finale écrite et orale, afin de mieux préparer les élèves au lycée.
Selon le sociologue de l'éducation François Dubet, interrogé par nos confrères du Point, « il nous faudrait une épreuve qui soit un substitut réel du certificat d'études ». Il ajoute que « le brevet actuel ne remplit pas son rôle de certification des acquis fondamentaux ».
Les propositions de réforme
Le rapport préconise plusieurs pistes : un renforcement des épreuves de français et de mathématiques, l'introduction d'une épreuve orale obligatoire, et une pondération plus importante des notes obtenues à l'examen par rapport au contrôle continu. Actuellement, le brevet compte pour 50 % des points, le reste étant attribué via le contrôle continu.
Une expérimentation est déjà en cours dans 100 collèges volontaires depuis la rentrée 2023. Les résultats préliminaires montrent une amélioration de la motivation des élèves, selon le ministère. Cependant, des syndicats enseignants expriment des réserves, craignant une pression accrue sur les élèves et une inégalité entre les établissements.
Un modèle historique revisité
Le certificat d'études primaires, créé en 1866, était un examen de fin d'école primaire, très sélectif, qui attestait d'un niveau de connaissances de base. Sa suppression en 1977 a laissé un vide, selon certains experts. Le brevet des collèges, instauré en 1987, n'a jamais réussi à combler ce manque, car il est perçu comme trop facile.
Les enjeux pour l'avenir
Cette réforme s'inscrit dans un contexte plus large de réflexion sur l'école. Le ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, a déclaré que « l'objectif est de redonner de la valeur au brevet, pour qu'il soit un véritable passeport pour le lycée ». Les discussions avec les partenaires sociaux doivent se poursuivre dans les prochains mois.
Si la réforme aboutit, elle pourrait entrer en vigueur à la session 2025. Les parents d'élèves et les associations éducatives sont partagés : certains y voient un gage de sérieux, d'autres redoutent une sélection précoce.



