Le ministère de l'Éducation nationale a dévoilé ce lundi 12 juillet 2026 les résultats du diplôme national du brevet (DNB) pour la session 2026. Avec un taux de réussite de 81,6%, la proportion d'élèves admis chute de 3,9 points par rapport à 2025, soit la plus forte baisse jamais enregistrée depuis la création de l'examen en 1986. En 2025, le taux de réussite était de 85,5%.
Une baisse historique qui interroge
Ce recul de 3,9 points est inédit dans l'histoire du brevet. Selon les données du ministère, la précédente plus forte baisse remontait à 2020, avec une chute de 2,1 points en pleine crise sanitaire. "C'est un signal d'alarme sur le niveau des élèves", a commenté le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, lors d'une conférence de presse. "Nous devons analyser les causes de cette baisse et renforcer l'accompagnement des collégiens."
La baisse touche l'ensemble des séries. Pour la série générale, le taux de réussite est de 84,2%, en recul de 3,5 points. La série professionnelle enregistre une chute plus marquée, avec 72,8% de réussite, soit une baisse de 5,2 points. Les écarts entre les deux séries se creusent, passant de 8,7 points en 2025 à 11,4 points en 2026.
Disparités territoriales et sociales
Les résultats montrent également des disparités territoriales importantes. L'académie de Paris affiche le meilleur taux avec 88,3%, tandis que l'académie de Mayotte ferme la marche avec seulement 62,1% de réussite. Les académies de Créteil et de Versailles, souvent pointées du doigt, enregistrent respectivement 76,4% et 79,8% de réussite, des chiffres en baisse de 4,2 et 3,8 points par rapport à 2025.
Les inégalités sociales se reflètent aussi dans les résultats. Les élèves issus de catégories socio-professionnelles favorisées réussissent à 89,7%, contre 73,2% pour ceux issus de catégories défavorisées, soit un écart de 16,5 points, en hausse de 1,2 point par rapport à l'année précédente. "Ces chiffres confirment que le système éducatif ne parvient pas à réduire les inégalités", a déploré le syndicat SNES-FSU dans un communiqué.
Les épreuves écrites en cause ?
Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer cette baisse historique. La première concerne les épreuves écrites, dont les notes ont été moins bonnes que les années précédentes. La moyenne générale à l'écrit est de 10,2/20, contre 10,8 en 2025. Les épreuves de mathématiques et de français sont particulièrement en repli, avec des moyennes respectives de 9,8 et 10,1.
En revanche, les notes obtenues au contrôle continu (évaluations tout au long de l'année) sont stables, avec une moyenne de 12,3/20. "Cela suggère que les élèves ont été moins performants lors des épreuves terminales, peut-être en raison d'un stress accru ou d'un manque de préparation", a analysé la chercheuse en sciences de l'éducation Marie Duru-Bellat.
Réactions et perspectives
Les syndicats enseignants appellent à une réflexion de fond sur le brevet. "Ce n'est pas un simple accident statistique. Il faut revoir le format de l'examen et ses modalités d'évaluation", a déclaré le secrétaire général du SE-UNSA, Stéphane Crochet. De son côté, le ministère annonce la mise en place d'un groupe de travail pour "évaluer les causes de cette baisse et proposer des mesures correctives" d'ici la rentrée 2027.
Pour les élèves, les résultats sont tombés ce lundi matin sur les sites académiques. Les candidats peuvent également les consulter dans leurs collèges respectifs. Les inscriptions au lycée se feront à partir du 15 juillet, sans changement de calendrier.



