Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, était en déplacement à Bordeaux ce jeudi et vendredi 24 avril pour mettre en lumière deux dispositifs éducatifs déployés au collège Toni-Morrison, situé dans le quartier Belcier : les « collèges en progrès » et les classes à horaires aménagés en mathématiques et sciences (Chams).
Les « collèges en progrès » : un accompagnement renforcé
Le collège Toni-Morrison, établissement flambant neuf, fait partie des 800 collèges intégrant ce nouveau dispositif. Il vise à offrir un soutien accru aux établissements où plus de 40 % des élèves obtiennent des résultats inférieurs à 8 sur 20 en français et mathématiques au diplôme national du Brevet. « Je n'accepte pas l'idée que selon le collège dans lequel je suis scolarisé, j'ai entre une chance sur deux et 100 % de chance d'avoir le brevet », a déclaré le ministre. L'approche est pédagogique et flexible : « Nous ne voulions pas édicter une mesure universelle mais partir des besoins des équipes. »
Les enseignants de Toni-Morrison travaillent en collaboration avec le rectorat pour identifier les leviers d'action et les moyens nécessaires. Fort du succès des expériences pilotes, le dispositif est généralisé. Dans l'Académie, dix « collèges en progrès » sont déployés : sept en Gironde (Bègles, deux à Bordeaux dont Alice Milliat, Cenon, Coutras, Pauillac et Saint-André-de-Cubzac) et trois en Lot-et-Garonne (Aiguillon, Lavardac et Villeneuve-sur-Lot).
Classes Chams : promouvoir les maths auprès des filles
Le collège Toni-Morrison a également mis en place, en classe de quatrième, une classe à horaires aménagés en mathématiques et sciences (Chams). Lancé par l'ancienne ministre Élisabeth Borne, ce dispositif est expérimenté depuis la rentrée 2025 dans le cadre du plan « Filles et maths ». L'objectif est d'inciter les jeunes filles à s'orienter vers les mathématiques, les sciences de l'ingénieur et le numérique. Une condition sine qua non : la classe Chams doit compter au moins 50 % d'élèves filles.
« Ça marche », a affirmé Édouard Geffray, s'appuyant sur les témoignages des enseignants du collège bordelais, qui en est à sa première année. « Il y a un déclic chez les filles, mais il faut continuer à casser les barrières. » Le dispositif est en plein essor : 70 classes Chams existent cette année, et 300 collèges ont candidaté pour la prochaine rentrée. Au niveau académique, la région comptait quatre classes Chams à la rentrée 2025 et prévoit 11 ouvertures supplémentaires à la rentrée 2026 en Dordogne, Lot-et-Garonne, dans les Landes, le Béarn et le Pays basque.
« La France a raccroché les wagons sur le décalage filles/garçons en maths dans le premier degré, mais au niveau du collège, il y a encore des difficultés comme en attestent les évaluations nationales », a conclu le ministre, espérant des « résultats sérieux d'ici deux à trois ans ».



