Kenya : la justice refuse l'avortement comme droit fondamental
Kenya : avortement pas un droit fondamental

La Haute Cour du Kenya a rendu une décision très attendue ce vendredi 24 avril 2026, en rejetant une requête qui visait à faire reconnaître l'avortement comme un droit fondamental dans le pays. Cette décision confirme les dispositions restrictives de la loi pénale kenyane en matière d'interruption volontaire de grossesse.

Une décision qui divise

Les juges ont estimé que l'avortement n'est pas un droit constitutionnel, mais qu'il peut être autorisé dans des circonstances très limitées, conformément à l'article 26 de la Constitution kenyane. Cet article stipule que la vie commence à la conception et que l'avortement n'est autorisé que lorsque la santé de la mère est en danger ou en cas de viol, d'inceste ou de malformation fœtale grave.

Les militants des droits des femmes ont exprimé leur déception, estimant que cette décision perpétue des pratiques dangereuses d'avortements clandestins. Selon eux, des milliers de femmes se tournent chaque année vers des méthodes non sécurisées, entraînant des complications médicales et des décès évitables.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions contrastées

Les organisations religieuses et conservatrices ont salué la décision, y voyant une protection de la vie dès la conception. L'Église catholique kenyane, influente dans le pays, a appelé à renforcer l'éducation sexuelle et l'accès à la contraception pour réduire le nombre d'avortements.

Le gouvernement kényan, par la voix du ministre de la Justice, a indiqué qu'il respectait la décision de la Haute Cour et qu'il continuerait à appliquer la loi en vigueur. Toutefois, des voix s'élèvent pour demander une réforme législative afin de clarifier les exceptions autorisées et d'améliorer l'accès aux soins post-avortement.

Un contexte juridique complexe

La Constitution kenyane de 2010 avait ouvert une brèche en autorisant l'avortement dans des cas spécifiques, mais la loi pénale de 2012 n'a jamais été modifiée pour refléter ces dispositions. Cette contradiction a alimenté des années de débats judiciaires et de plaidoyers.

La décision de la Haute Cour pourrait être contestée devant la Cour suprême. Les associations de défense des droits des femmes ont déjà annoncé leur intention de faire appel, estimant que le droit à l'avortement est essentiel pour la santé et l'autonomie des femmes.

En attendant, les femmes kenyanes continuent de faire face à des obstacles pour accéder à des avortements sécurisés, ce qui alimente un marché noir lucratif et dangereux. Selon l'Organisation mondiale de la santé, environ 2 600 femmes meurent chaque année au Kenya des suites d'avortements clandestins.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale