Saint-Laurent-d’Olt en ébullition : un blocus contre la fermeture d'une classe
Depuis le début de la semaine, l'école de Saint-Laurent-d’Olt, dans l'Aveyron, est le théâtre d'une mobilisation intense. Ce vendredi 27 mars, comme chaque matin, une cinquantaine d'habitants, incluant des parents d'élèves et des élus locaux, se sont rassemblés devant l'établissement pour protester contre la fermeture annoncée d'une des deux classes. Cette décision, prise par l'Inspection de l'Éducation nationale le lundi précédent, prévoit le passage en classe unique dès la rentrée de septembre 2026, une mesure justifiée par un manque d'effectifs.
Une colère qui monte face à une décision administrative
Les parents ont choisi de bloquer symboliquement l'entrée de l'école pendant près d'une heure, exprimant leur inquiétude quant aux conséquences éducatives. Lucie Delpuech, présidente du conseil des parents d'élèves, alerte : "On va se retrouver avec une classe de 24 enfants répartis sur neuf niveaux. L’enseignante aura moins de temps pour accompagner les élèves en difficulté, et certaines familles risquent de quitter l'école." Cette réorganisation pourrait ainsi exacerber les défis pédagogiques et menacer la stabilité de l'établissement.
Un village en lutte pour son attractivité
Au-delà des préoccupations éducatives, la fermeture de classe est perçue comme un coup dur pour l'attractivité de Saint-Laurent-d’Olt. Depuis 2023, la municipalité a engagé une politique de revitalisation, avec la création d'une médiathèque, l'aménagement d'une aire de jeux et la construction de nouveaux logements. Vincent Lombard, deuxième adjoint au maire et représentant des parents d'élèves, déplore : "Perdre une classe, c’est risquer de perdre des familles et envoyer un signal négatif à la dynamique du village." Les élus, bien que conscients de la déprise démographique, estiment que cette décision va à l'encontre des efforts de développement local.
De plus, la réorganisation poserait des contraintes matérielles et financières significatives. Lucie Delpuech souligne : "Aujourd’hui, les maternelles et les primaires sont sur deux étages différents. Il faudra engager des travaux importants pour adapter les locaux à une classe unique." Cela représente un fardeau supplémentaire pour la collectivité, déjà engagée dans des projets de modernisation.
Vers une solution intercommunale ?
Face à cette impasse, les parents d'élèves entendent maintenir leur mobilisation et demandent le report de la fermeture d'un an. Ils espèrent ainsi étudier la mise en place d'un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) avec l'école de Campagnac, une commune voisine. Vincent Lombard explique : "On souhaite relancer une dynamique de coopération avec les nouvelles équipes municipales en place dans les communes voisines. Mais cela demande du temps." Cette piste pourrait permettre de répartir les niveaux d'enseignement entre les établissements, préservant ainsi la qualité éducative et l'attractivité locale.
En attendant, les rassemblements et blocages devraient se poursuivre chaque matin. Les parents assurent qu'ils resteront mobilisés "jusqu’à être entendus", montrant une détermination ferme à défendre l'avenir de leur école et de leur village. Cette mobilisation illustre les tensions croissantes entre les décisions administratives et les réalités locales dans les zones rurales.



