Bac : quel bilan pour l'éducation sous Macron ?
Bac : quel bilan pour l'éducation sous Macron ?

À quelques jours de la dernière rentrée scolaire du quinquennat d'Emmanuel Macron, le bilan de sa politique éducative apparaît contrasté. La réforme du baccalauréat, la valse des ministres de l'Éducation nationale et la persistance des inégalités scolaires sont au cœur des critiques.

Une réforme du bac contestée

La réforme du baccalauréat, lancée en 2019, a profondément modifié l'examen. Fini les filières S, ES et L, place aux spécialités. Les épreuves de contrôle continu ont été renforcées, représentant 40% de la note finale. Cette réforme, voulue par le président Macron, visait à simplifier l'examen et à le rendre plus lisible. Cependant, elle a été critiquée pour son manque de préparation et ses effets sur l'égalité des chances.

Les spécialités ont créé de nouvelles hiérarchies entre les disciplines, et les choix d'orientation se font souvent en fonction de l'offre locale, creusant les écarts entre les territoires. Les syndicats enseignants dénoncent une réforme bâclée, qui a accru la charge de travail des professeurs et complexifié l'organisation des cours.

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Une valse des ministres préjudiciable

En cinq ans, pas moins de cinq ministres de l'Éducation nationale se sont succédé. Cette instabilité ministérielle a été dénoncée comme préjudiciable à la mise en œuvre d'une politique éducative cohérente. Chaque nouveau ministre a apporté sa vision, ses priorités, sans toujours poursuivre les chantiers engagés par son prédécesseur.

Cette valse a également nui à la lisibilité des réformes pour les personnels de l'éducation, qui ont dû s'adapter à des changements fréquents de cap. Le manque de continuité a été particulièrement visible sur des dossiers sensibles comme la réforme des retraites des enseignants ou la revalorisation des salaires.

Des inégalités scolaires persistantes

Malgré les discours sur la lutte contre les inégalités, celles-ci restent profondes. Les résultats aux évaluations nationales montrent un écart croissant entre les élèves issus de milieux favorisés et ceux issus de milieux défavorisés. La crise sanitaire du Covid-19 a encore aggravé cette situation, avec des fermetures de classes et un recours accru à l'enseignement à distance, qui a pénalisé les élèves les plus vulnérables.

Les dispositifs mis en place, comme les dédoublements de classes en CP et CE1 dans les réseaux d'éducation prioritaire, n'ont pas suffi à inverser la tendance. Les associations de parents d'élèves et les syndicats réclament des moyens supplémentaires et une refonte en profondeur de la carte scolaire.

Quel héritage pour la rentrée 2022 ?

Pour cette dernière rentrée sous Macron, le ministère met en avant la revalorisation des salaires des enseignants, avec une hausse moyenne de 6% prévue. Cependant, cette mesure est jugée insuffisante par les principaux syndicats, qui pointent un manque d'attractivité du métier.

Le défi est de taille pour le prochain gouvernement : restaurer la confiance dans l'école publique, réduire les inégalités et stabiliser la gouvernance du système éducatif. Le bilan de ce quinquennat laisse une école fragilisée, avec des enseignants épuisés et des élèves inégalement préparés à leur avenir.

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