Le ministère de l'Éducation nationale a décidé de durcir les sanctions contre la triche au baccalauréat, confronté à une augmentation significative des fraudes, notamment via l'intelligence artificielle. Lors de la dernière session, les cas suspectés ont bondi de 30 %, passant de 935 en 2024 à 1 208 en 2025. Sur 1,2 million de candidats, 833 ont été poursuivis en commission disciplinaire et 634 sanctionnés, soit 76,11 %.
Les trois types de fraude les plus courants
Les nouvelles technologies dominent largement : smartphones, tablettes, montres connectées représentent 55,04 % des fraudes. Viennent ensuite les antisèches traditionnelles (24,13 %) et l'utilisation de l'IA (8,5 %). Selon Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, « l'outil IA crée la tentation » chez les élèves, ce qui explique en partie cette hausse.
Des sanctions élargies et alourdies
Un décret publié en février 2026 renforce les peines possibles : blâme, privation de mention, interdiction de passer le bac ou tout diplôme pendant cinq ans. Désormais, une procédure disciplinaire peut être engagée même après la correction, si la fraude est découverte ultérieurement. Selon la gravité, l'annulation peut concerner une épreuve, un groupe d'épreuves ou la session entière.
Des détecteurs de smartphones déployés
Pour dissuader les candidats, le ministère installe des détecteurs de téléphones portables dans les centres d'examen, de manière aléatoire. Chaque académie (30 au total) disposera d'au moins un détecteur, alors que le pays compte 3 028 centres pour le bac général et technologique, et 2 748 pour le bac professionnel. Un dispositif qui pourrait sembler modeste, mais qui vise à envoyer un signal fort.
Ces mesures interviennent dans un contexte où la triche devient un « sport national », selon les termes du ministre. Les enseignants multiplient les précautions : boîtes à portables, sacs au fond de la salle, surveillance renforcée. Mais l'essor de l'IA rend la lutte plus complexe, comme en témoigne l'anecdote d'un lycéen de première qui a vu un camarade utiliser son smartphone caché pour demander à l'IA de rédiger un plan de dissertation lors d'un bac blanc.



