Une conférence taurine dans un lycée nîmois suscite la polémique
L'ancien matador de toros Camille Juan a animé une conférence le 13 octobre dernier dans le cadre d'un cours d'espagnol au lycée privé Emmanuel d'Alzon, situé en cœur de ville à Nîmes. Cet événement, présenté par l'établissement comme une rencontre précieuse, humaine et inspirante, a immédiatement provoqué la réaction véhémente de l'Alliance Anticorrida du Gard.
L'Alliance Anticorrida saisit les autorités académiques
Claire Starozinski, représentante de l'Alliance Anticorrida, a formellement saisi le directeur départemental des services de l'Éducation nationale. La militante dénonce un acte de prosélytisme et une violation flagrante de la réglementation interne du ministère. Initialement, cette conférence – qui s'inscrivait dans le cadre des enseignements et surtout du contrôle continu pour le baccalauréat – était obligatoire, ce qui a scandalisé bon nombre de familles, affirme-t-elle. Bien qu'elle ait obtenu que la participation soit rendue facultative, elle estime que le maintien de l'événement constitue une infraction aux prescriptions en vigueur.
Le lycée défend la transmission culturelle et le dialogue
Face à ces accusations, la direction de l'établissement, menée par Yvan Lachaud, se défend vigoureusement. Nos anciens élèves, qu'ils soient handballeurs, toreros ou que sais-je, sont parfois effectivement invités à parler de leur passion dans nos établissements scolaires, explique le directeur. Il précise que la conférence de Camille Juan a réuni 50 élèves de terminale sur la base du volontariat, durant la pause méridienne. Ces élèves préparent un double baccalauréat français-espagnol. Pour notre part, nous avons le droit et même le devoir, de faire connaître nos traditions et notre culture locale à nos élèves !, insiste-t-il. Le lycée a communiqué sur ses réseaux sociaux que l'objectif n'était pas d'aimer ou de ne pas aimer la corrida, mais de favoriser un dialogue sincère et sans tabou.
Le cadre réglementaire : phénomène culturel versus promotion
Le rectorat d'académie, saisi le 15 octobre, n'avait pas encore rendu sa décision au moment des faits. Cependant, une directive du 12 février 2008, émise par le cabinet du ministre de l'Éducation nationale de l'époque, rappelle un principe clé : si la présentation de la corrida dans les établissements scolaires est possible en tant que phénomène culturel, le rôle de l'Éducation nationale n'est en aucun cas d'en assurer la promotion auprès des élèves. Claire Starozinski soutient que la simulation de la mise à mort d'un animal, présentée à l'épée devant des adolescents, devrait être interdite par la réglementation applicable. L'analyse des représentants locaux du ministère est donc attendue avec attention pour trancher ce différend qui oppose la défense des traditions locales aux impératifs de neutralité éducative et de protection animale.



