Crise des AESH dans le Gard : Sud Éducation alerte sur l'épuisement des accompagnants
AESH en crise : Sud Éducation tire la sonnette d'alarme dans le Gard

Crise des accompagnants scolaires : Sud Éducation tire la sonnette d'alarme dans le Gard

Les représentants gardois du syndicat Sud Éducation ont tenu un point presse ce vendredi 21 novembre pour alerter sur la situation dramatique des accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) dans le département. Malgré une récente victoire judiciaire concernant le versement de primes, la situation sur le terrain continue de se dégrader de manière alarmante.

Une victoire judiciaire mais des conditions qui empirent

Ce mois-ci, Sud Éducation a obtenu gain de cause devant le Conseil d'État qui oblige désormais l'administration à verser la prime REP/REP+ aux AESH, avec effet rétroactif bien que minoré. Cette décision met fin à ce que le syndicat qualifiait de discrimination, ces primes étant déjà versées aux autres personnels de l'Éducation nationale.

Cependant, cette avancée ne masque pas la réalité quotidienne des accompagnants. "Ce qu'on redoutait depuis des années est en train d'arriver : les AESH sont en train de craquer !", alerte Sandrine Auriel, AESH depuis huit ans dans le premier degré.

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Démissions massives et recrutements insuffisants

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : dans l'Académie, on compte 328 démissions et 32 licenciements pour inaptitude contre seulement 288 recrutements. "On nous parle d'un manque de candidats alors que des CV pertinents sont en attente", déplore Sandrine Auriel.

Nadia, AESH dans le second degré en REP+ depuis six ans, confirme : "Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles". Le manque de moyens humains, aggravé par les absences pour maladie, congés maternité ou formations, crée des situations critiques où les enfants handicapés peuvent être déscolarisés ou doivent se débrouiller seuls.

Des conditions de travail et de rémunération inacceptables

Les AESH font face à des situations professionnelles particulièrement éprouvantes :

  • Accompagnement de différents élèves dans la même journée
  • Déplacements entre plusieurs établissements ou communes
  • Absence de remboursement des frais de déplacement
  • Revenus inférieurs au seuil de pauvreté

"Pourtant, j'adore mon travail car on prépare les adultes de demain", confie Sandrine Auriel, soulignant le paradoxe entre la passion pour ce métier et les conditions qui le rendent insoutenable.

Des revendications concrètes pour une reconnaissance statutaire

Sud Éducation revendique plusieurs mesures urgentes :

  1. Création d'une brigade de remplacement pour pallier les absences
  2. Recrutement aligné sur les besoins réels du terrain
  3. Reconnaissance du statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH

Dans le Gard, la situation est particulièrement préoccupante avec 1 700 AESH et 6 000 AED (assistants d'éducation). Théophile Philippe, l'un d'eux, témoigne : "Avec un AED pour 95 élèves, ce n'est pas facile", dénonçant des conditions de travail impossibles avec des salaires qui n'évoluent pas.

Une perspective législative pour 2026

Un amendement récemment déposé à l'Assemblée nationale va dans le sens des revendications du syndicat. Il pourrait être examiné début 2026 lors de la niche parlementaire du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, offrant un espoir de reconnaissance statutaire pour ces professionnels essentiels mais trop souvent invisibilisés.

La mobilisation de Sud Éducation dans le Gard met ainsi en lumière une crise systémique qui dépasse les frontières départementales et interroge fondamentalement notre modèle d'accompagnement des élèves en situation de handicap.

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