Voyage à Vienne : 50 lycéens découvrent la culture allemande et l'architecture écologique
En février dernier, cinquante élèves germanistes du lycée Max-Linder ont bénéficié d'un voyage éducatif à Vienne, méticuleusement organisé par leur professeure d'allemand, Ariane Veillon. Cette initiative s'inscrit dans une démarche pédagogique visant à contrer les préjugés persistants entourant l'apprentissage de l'allemand, souvent perçu comme difficile, rébarbatif ou élitiste, ce qui a contribué à son déclin dans les choix linguistiques ces dernières années.
Combattre les idées reçues sur la langue allemande
Au lycée Max-Linder, et particulièrement dans les cours d'Ariane Veillon, on s'efforce de déconstruire ces clichés. Raphaël, un élève, témoigne : « Au collège, il y avait plus de monde qui choisissait l'espagnol. Prendre l'allemand, c'était une façon de me démarquer et c'est vraiment très bien. » Il ajoute avec humour : « On disait que l'allemand était beaucoup plus dur que l'espagnol, que c'était pour les premiers de la classe, ce qui n'était pas mon cas. Je trouvais que c'était plus intéressant pour découvrir une culture. » Aujourd'hui, aucun regret ne l'effleure.
Maé complète : « La classe d'allemand est une bonne classe. » Anton renchérit : « Mes parents m'ont incité à apprendre cette langue, et aujourd'hui, je ne le regrette pas. » Arthur souligne l'aspect culturel et géopolitique : « C'est une culture très intéressante par bien des aspects. On ne la parle pas qu'en Allemagne, mais aussi en Autriche et en Suisse. Et il y a beaucoup de partenariats entre la France et l'Allemagne. » Quant à Sacha, qui aspire à une carrière en économie-finance, il met en avant les opportunités professionnelles : « Il y a beaucoup plus d'opportunités de travail outre-Rhin. Et puis la Banque centrale européenne est à Francfort. »
Les élèves, ambassadeurs de la langue allemande
Les élèves réunis par Ariane Veillon ne tarissent pas d'éloges sur cette langue, et même les déclinaisons, souvent redoutées, ne les rebutent pas. La professeure les encourage : « Pour communiquer au quotidien, ce n'est pas forcément difficile. Vous êtes les ambassadeurs de cette langue, faites la connaître. » Cette approche vise à rendre l'apprentissage plus vivant et engageant.
Immersion culturelle et citoyenne à Vienne
Pour concrétiser cette vision, Ariane Veillon a organisé un voyage à Vienne, préparé en amont, auquel ont participé 50 élèves de la seconde à la terminale. Ce séjour a mêlé histoire, culture et citoyenneté, avec un programme riche et varié :
- Visite de la ville de Vienne, incluant les châteaux de Schönbrunn et de la Hofburg (avec les appartements impériaux et le musée Sissi).
- Découverte de la maison de Mozart et d'autres sites liés à la musique.
- Exploration du musée Klimt, dédié à l'artiste symboliste.
- Visite de l'ONU, offrant un aperçu des institutions internationales.
- Tour de la centrale thermique Spittelau-Vienne énergie, qui utilise un système d'incinération de pointe pour chauffer la ville sans émissions nocives pour l'environnement, illustrant des pratiques durables.
Focus sur l'architecture écologique de Hundertwasser
L'un des points forts du voyage a été le travail autour de l'architecte et artiste Friedensreich Hundertwasser, déjà étudié en classe. Les élèves ont visité le musée qui lui est consacré. Hundertwasser, peintre marqué par un style basé sur la non-symétrie, des couleurs éclatantes, des courbes et des spirales omniprésentes, fut aussi un précurseur de l'architecture respectueuse de la nature. Ses innovations incluent :
- Toits végétalisés pour intégrer la verdure dans les bâtiments.
- Arbres intégrés aux façades, créant une harmonie entre construction et environnement.
- Utilisation de matériaux naturels pour réduire l'impact écologique.
Ariane Veillon explique : « Au retour du voyage, les élèves ont eu à réaliser une revisitation des bâtiments de Libourne à la manière d'Hundertwasser, accompagnée d'une citation de l'artiste. » Ce travail remarquable fait désormais l'objet d'une exposition au lycée, mettant en valeur la créativité des élèves et leur compréhension des principes d'architecture durable.
Ce voyage a non seulement permis de renforcer l'apprentissage de l'allemand par une immersion culturelle, mais aussi de sensibiliser les élèves aux enjeux environnementaux à travers l'exemple de Hundertwasser. Il démontre comment l'éducation peut combiner linguistique, art et écologie pour offrir une expérience enrichissante et formatrice.



