Une moyenne exceptionnelle de 20,32/20 au baccalauréat, mais toujours pas de place en classe préparatoire
Les résultats du baccalauréat ont été dévoilés vendredi 6 juillet 2018, révélant des performances académiques remarquables. Parmi elles, celle de Ranitea Gobrait, une jeune bachelière polynésienne qui a obtenu la note impressionnante de 20,32/20, la meilleure de l'archipel. Malgré cet exploit, elle se retrouve dans une situation paradoxale : toujours sans établissement pour poursuivre ses études supérieures à la rentrée 2019.
Un parcours semé d'obstacles géographiques
Ranitea Gobrait, major du baccalauréat en Polynésie, a essuyé plusieurs refus de la part d'établissements parisiens. Actuellement, elle est en liste d'attente pour une classe préparatoire aux grandes écoles (CPGE) au lycée Pierre-de-Fermat, à Toulouse. « Je trouve ça aberrant », déplore-t-elle, citée par franceinfo. « Je ne suis pas la seule dans ce cas : il y a beaucoup de bons élèves qui subissent le fait d'être à Tahiti. Je trouve que c'est dommage de nous fermer les portes comme ça, on devrait nous laisser notre chance. »
Cette championne de natation, au parcours scolaire exemplaire, illustre les difficultés que peuvent rencontrer les élèves des territoires ultramarins dans l'accès à certaines formations sélectives.
Les défis du recrutement via Parcoursup
Valérie Faua, directrice du lycée privé La Mennais, confirme que « être en Polynésie française peut défavoriser les élèves qui demandent des formations bien particulières ». Elle souligne que la plateforme Parcoursup a rendu ce phénomène « un peu plus flagrant ». Il est important de noter que les CPGE recrutent principalement sur dossier scolaire, incluant les bulletins depuis la première, souvent examinés avant les résultats du baccalauréat.
En réponse à cette situation, les services de l'Éducation nationale ont publié un communiqué le 7 juillet 2018. Ils indiquent que les équipes de Parcoursup ont consulté le dossier de Ranitea Gobrait pour lui apporter un soutien personnalisé. L'étude révèle que la candidate « a reçu et refusé plusieurs propositions d'admission, notamment dans des classes préparatoires aux grandes écoles qu'elle avait appelé de ses vœux, à Paris ».
Ce cas met en lumière les enjeux de l'équité territoriale dans l'enseignement supérieur, où des élèves brillants peuvent être pénalisés par leur localisation géographique, malgré des résultats académiques exceptionnels.



