Traces d'insecticide interdit dans le Nutella et des miels, une ONG alerte
Traces d'insecticide interdit dans le Nutella et des miels

L'ONG Agir pour l'environnement a publié ce lundi 13 juillet 2026 un rapport alarmant sur la présence de néonicotinoïdes, des insecticides interdits en France, dans le Nutella et plusieurs miels. L'organisation appelle les pouvoirs publics à « agir sans délai » face à cette contamination systémique.

Des traces d'acétamipride dans tous les produits analysés

Selon les analyses menées par l'ONG, huit néonicotinoïdes, dont l'acétamipride, ont été détectés dans tous les miels et pâtes à tartiner testés, soit douze produits différents. L'acétamipride est le résidu le plus concentré dans sept des dix miels analysés. L'ONG plaide pour un « moratoire européen sur ces substances toxiques ».

Les miels importés sont particulièrement touchés : un mélange de miels ukrainien, argentin et espagnol contient 4 300 nanogrammes par kilogramme (ng/kg) de six néonicotinoïdes différents. Les concentrations dans les miels composés de mélanges varient de 700 à 5 400 ng/kg. En revanche, les deux miels biologiques français testés sont les moins contaminés, avec respectivement 7 et 163 ng/kg. Un miel bio de Bulgarie et du Mexique affiche 1 300 ng/kg.

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Le Nutella, dans ses versions classique et végétale, contient huit néonicotinoïdes, avec respectivement 480 et 850 ng/kg. Ferrero, le fabricant, a répondu à l'AFP que « la présence de traces d'une substance ne constitue pas, en soi, un risque pour la santé », et assure que le Nutella est « fabriqué selon des normes strictes » et « pleinement conforme à l'ensemble des réglementations applicables en matière de sécurité alimentaire ».

Des seuils réglementaires loin d'être atteints

Au niveau européen, la limite maximale pour l'acétamipride dans le miel est de 0,3 mg/kg (soit 300 000 ng/kg). Les concentrations mesurées sont donc très inférieures à ce seuil. Aucun seuil n'existe pour la pâte à tartiner. L'utilisation des néonicotinoïdes est interdite en France depuis 2018 en raison de leur toxicité pour les abeilles et autres pollinisateurs. L'acétamipride reste autorisé dans l'Union européenne jusqu'en 2033.

L'ONG demande aux fabricants de « revoir immédiatement leurs procédés de fabrication afin de garantir aux consommateurs français un produit exempt de néonicotinoïdes ». Elle appelle également les parlementaires à rejeter « toute tentative de réautoriser les néonicotinoïdes », alors qu'un amendement au projet de loi d'urgence agricole, porté par le sénateur LR Laurent Duplomb, prévoit de réautoriser deux néonicotinoïdes, l'acétamipride et le flupyradifurone. Cet amendement doit être débattu jeudi en commission mixte paritaire.

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