Rugby féminin à Sciences Po Bordeaux : un phénomène d'intégration et de cohésion
Rugby féminin à Sciences Po Bordeaux : intégration et cohésion

Un engouement grandissant pour le rugby féminin

Avec un effectif qui a presque doublé en trois ans, l'équipe de rugby de Sciences Po Bordeaux s'impose comme un véritable vecteur d'intégration et de cohésion pour les étudiantes. Tout au long de leur saison, qui s'étend d'octobre à mi-mai, les matchs du jeudi, les entraînements du mercredi et même ceux, facultatifs, du vendredi sont des rendez-vous incontournables. D'une trentaine de joueuses il y a trois ans, elles sont désormais une bonne cinquantaine à pratiquer le rugby dans cet établissement girondin. Elles y reviennent année après année, animées par une passion contagieuse.

Les raisons de cet engouement

Cet engouement s'explique d'abord par la politique globale de l'école où le sport, obligatoire, pèse autant dans la notation que les matières de culture générale. Pour ces jeunes femmes, le rugby est le ciment de leur intégration. « Je n'avais jamais vu un match de ma vie, je voulais apprendre la technique d'un nouveau sport. Des filles de ma classe m'ont proposé de tester, et j'ai adoré », explique Philomène Pille, originaire du Nord. Désormais cheffe de cabinet de l'adjoint au sport du nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, elle a immédiatement apprécié l'ambiance sororale de l'équipe bordelaise. « Le collectif me pousse à me dépasser, c'est ce que j'ai retrouvé avec mes « sœurs », comme on s'appelle entre nous, du rugby. »

Des débutantes majoritaires

Co-capitaine l'an dernier, Maxine Deprat faisait partie des très rares étudiantes de sa promotion à avoir pratiqué le rugby dès l'âge de 7 ans à Villeneuve d'Ascq. « Les filles se passionnent très rapidement pour le jeu, leur progression est phénoménale, grâce à un coach qui est excellent. » Toutes louent la pédagogie et la confiance transmises par Cédric Cité. Ce Landais d'origine a été élevé au beau jeu au Stade Montois. Beau-frère de l'ancien 3e ligne de Toulouse et Mont-de-Marsan Régis Sonnes, il cultive une approche ouverte et partagée de l'apprentissage. « Je suis prof d'EPS de formation, c'est ma première expérience avec des étudiantes. Ce qui est très plaisant, pour moi, c'est de voir des filles avec une telle envie d'apprendre se mettre rapidement à jouer au rugby. »

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Un apprentissage par les pairs

Ses entraînements sont organisés pour favoriser la transmission entre générations. « Je prépare les séances et c'est aux plus anciennes de diriger les ateliers. Il faut toujours donner du sens à ce qu'on leur propose, cela m'oblige à être précis, varié, ludique. » Pour les étudiantes, le rugby est aussi un « moment de légèreté à côté des cours », ne cache pas Maxine Deprat. « Sciences Po est une école magnifique mais stressante, où l'on a parfois du mal à se situer, avec beaucoup de débats et de la compétition entre nous. La team rugby permet de retrouver des visages amicaux. » Philomène Pille confirme : « Humainement, c'est une respiration. »

Ambassadrices du rugby

Une fois le diplôme en poche, elles sont nombreuses à ne pas vouloir raccrocher les crampons. Philomène Pille joue désormais au Paris Olympique RC, en Fédérale 1 et 2, où elle retrouve cette « émulation de ouf » découverte en Gironde. « Au travail, beaucoup de femmes veulent tenter l'aventure mais elles ont des barrières. Je leur dis que tous les profils physiques et de caractère sont admis. Quitter le boulot à 19 heures pour aller plaquer, ça aère le cerveau », sourit-elle. Ce dimanche 17 mai, elles seront plusieurs à assister au match au sommet du tournoi des Six-Nations féminin entre la France et l'Angleterre, au stade Atlantique de Bordeaux. « Les stades se remplissent, on voit les choses évoluer », note Maxine Deprat. À Sciences Po, la bataille pour la reconnaissance semble déjà gagnée.

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