Les touristes en sont à se partager les plats et les glaces, à cause d’un pouvoir d’achat en berne qui pèse lourdement sur le secteur touristique. En juillet, la fréquentation a chuté de manière structurelle, plongeant hôteliers et restaurateurs dans l’inquiétude. Mais le mois d’août pourrait encore inverser la tendance.
Un mois de juillet en demi-teinte
Si juin avait été plutôt favorable avec un soleil radieux, juillet a déçu. L’office de tourisme Cap d’Agde Méditerranée enregistre une baisse de 10 % par rapport à juillet 2024, selon les données de téléphonie mobile. « Le tsunami juillettiste n’existe plus, on observe une marée montante avec des séjours morcelés », explique Hugo Alvarez, directeur de l’office. Les hôteliers et restaurateurs sont les premiers touchés : « Les gens optent pour des locations afin de mieux maîtriser leur budget repas. »
Des disparités selon les territoires
Au Grau-du-Roi, les nuitées sont stables mais les visites à la journée reculent de 6 %. Stéphanie Aillet, directrice de l’office de tourisme, relativise : « Ce n’est pas catastrophique. Les taux de remplissage des hébergements professionnels sont stables. » Elle souligne que les familles sacrifient les loisirs pendant les vacances, mais pas les vacances elles-mêmes. Une enquête nationale est en cours pour sensibiliser les professionnels à leurs tarifs.
Patrimoine et musées : des visiteurs fidèles
À Nîmes, le musée de la Romanité a accueilli 14 000 visiteurs en juillet, soit une baisse de 11 % par rapport à 2024 mais une hausse de 12 % par rapport à 2023. La part des visiteurs étrangers augmente de 7 %, tandis que la clientèle locale diminue. Les animations pour le jeune public affichent un taux de remplissage de 100 % pour certaines activités.
Les arènes de Nîmes ont attiré 57 000 personnes (-0,7 %), et la Tour Magne enregistre une progression de 32 %. Les nuitées totales sont en hausse de 1 %. À Carcassonne, la fréquentation est stable, mais la consommation chute : « Les touristes se partagent les plats et les glaces, ou optent pour du pain et du jambon », note Muriel Brunet, directrice de l’office de tourisme. Les visites guidées de la Cité sont en hausse.
Arrière-pays et météo : des facteurs clés
À Saint-Guilhem-le-Désert, le maire Robert Siegel se dit satisfait : le parking du village enregistre une hausse de 4 % en juillet. Il observe que les périodes creuses (printemps, automne) se remplissent progressivement. La météo capricieuse de juillet a joué un rôle : quand il faisait très chaud ou trop froid sur le littoral, les touristes se sont tournés vers l’intérieur des terres.
Le Grand Pic Saint-Loup enregistre une hausse des randonneurs (8 547 contre 7 453 en 2024), mais une baisse des nuitées de 13,5 %. En Lozère, le festival de Vébron a battu son record avec 6 000 visiteurs, grâce à la gratuité et au mauvais temps. Sur le causse Méjean, la fréquentation a chuté de 20 % au printemps et en juin, avant de remonter en juillet grâce à une période plus froide.
Les commerçants de plage en difficulté
Gabriel Malafosse, vendeur de gourmandises sur la plage des Aresquiers à Frontignan, qualifie la situation de « catastrophique ». Son chiffre d’affaires a baissé de 40 % par rapport à l’an dernier. Il estime que seul le littoral de Marseillan et Agde s’en sort mieux grâce aux touristes allemands et hollandais. Malgré tout, il reste optimiste pour août : « Il y a déjà plus de monde cette semaine. »
En conclusion, si juillet a été difficile, le mois d’août et septembre pourraient redresser la barre. Les professionnels espèrent une reprise, mais la prudence reste de mise face à un contexte économique tendu.



