Cannes : première ville de France à tester les conducteurs au protoxyde d’azote
Cannes teste les conducteurs au protoxyde d’azote

Cannes (Alpes-Maritimes) est devenue la première ville de France à équiper sa police municipale de détecteurs de protoxyde d’azote. Utilisés lors de contrôles routiers, ces appareils non homologués s’appuient sur un arrêté local pour sanctionner les conducteurs sous l’emprise de ce gaz hilarant. La mairie a annoncé ce samedi avoir doté sa police municipale de trois détecteurs pour des contrôles de sécurité routière, alors que la France vient tout juste de renforcer son arsenal juridique avec la loi Ripost.

Un dispositif inédit en France

« Cannes devient la première mairie de France à doter sa police municipale de trois détecteurs de protoxyde d’azote », se réjouit la municipalité dans un communiqué. Ces dispositifs permettent d’identifier la présence du gaz « dans l’air expiré, à l’instar d’un éthylotest pour l’alcool ». De plus en plus utilisé à des fins récréatives, populaire chez les adolescents qui ignorent souvent ses dangers neurologiques (paralysie, asphyxie, irrégularité du rythme cardiaque), le gaz « altère fortement les capacités de conduite et représente un danger majeur pour la sécurité routière », rappelle la mairie.

Ce détecteur n’étant pas homologué, la verbalisation se fait sur la base d’un arrêté municipal de 2025 interdisant la vente de bonbonnes de protoxyde d’azote, reconnaît la mairie. Le maire David Lisnard (Nouvelle Énergie, ex-LR), candidat à l’élection présidentielle de 2027 et président de l’Association des maires de France, reconnaît que « le cadre juridique ne prévoit pas encore une réponse judiciaire précise ». Il ajoute : « Pour autant, nous anticipons la loi Ripost. À Cannes, j’ai pris la décision de privilégier la sécurité des usagers. Le dispositif est très fiable et renforce notre combat local contre ce fléau. »

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Premiers résultats concrets

Dans la nuit de vendredi à samedi, dix dépistages ont été réalisés. Un conducteur a été testé positif et verbalisé, précise le communiqué. Son véhicule a été immobilisé et le conducteur a dû attendre plus d’une heure avant un nouveau dépistage, cette fois négatif, l’autorisant à reprendre le volant, détaille la mairie. Dans ce même véhicule, un passager a été verbalisé pour consommation de protoxyde d’azote et trois autres pour détention de bonbonnes.

Le détecteur, premier du genre, est fabriqué par l’entreprise aixoise Olythe, qui a salué samedi « une première utilisation rapportée en situation réelle en France » de son « analyseur respiratoire ». L’entreprise souligne que « cette utilisation en France s’inscrit dans la continuité des évaluations scientifiques, techniques et opérationnelles déjà menées avec différents partenaires et forces de l’ordre en Europe ». Olythe mettait en avant en juillet un « projet pilote » de la police danoise, qui expérimente le dépistage respiratoire du protoxyde d’azote chez les conducteurs.

Un cadre juridique en évolution

En France, la législation vient tout juste d’être renforcée avec la promulgation de la loi Ripost, qui durcit la répression de plusieurs infractions du quotidien, notamment l’usage détourné du protoxyde d’azote. La loi prévoit notamment l’interdiction générale de la vente de protoxyde aux particuliers, avec une entrée en vigueur prévue au 1er février 2027. Cette mesure vise à endiguer un phénomène qui touche particulièrement les jeunes conducteurs et qui représente un danger croissant sur les routes.

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