Un recrutement centré sur le logement et l'emploi
La période des recrutements bat son plein pour l’Élite 1 féminine de rugby. Pour le Montpellier HR (MHR) comme pour les autres clubs de l’élite, l’enjeu dépasse le simple aspect sportif : il s’agit de trouver des logements et des emplois pour attirer et retenir les joueuses. En l’absence d’un statut professionnel, les clubs dépendent largement de leurs partenaires pour offrir des conditions de vie décentes aux sportives.
Clotilde Flaugère, ancienne internationale montpelliéraine (43 sélections) et aujourd’hui manageuse générale de la filière féminine du MHR, dresse un parallèle saisissant : « On en est rendus à ce qui se faisait en 1995 chez les garçons juste avant leur passage à la professionnalisation : une sorte de bricolage où on est dépendants des partenaires pour que les filles puissent travailler sans qu’on soit hyper regardant sur leur productivité le lundi matin quand elles sont rentrées d’un match le dimanche soir. »
Des annonces concrètes dès septembre
Dès le mois de septembre, les recherches de logements et d’emplois occupent une place centrale. « Postes recherchés en viticulture, ergothérapie, jobs d’été, T3 avec jardin secteur Ovalie, un studio », énumère Flaugère, qui inonde les boîtes mail de la métropole de ces annonces. « On a besoin, certes de partenaires financiers, mais encore plus concrètement de logements, d’emplois car, sans cela, les filles ne peuvent s’investir », insiste-t-elle.
Cette réalité est partagée par l’ensemble des clubs d’Élite 1. Le soutien des collectivités territoriales est jugé essentiel. « C’est un vrai plaisir de travailler ensemble, entre les sports et clubs de la région, raconte Flaugère. Il faut qu’on arrive à aller plus loin. Aujourd’hui, c’est un des voyants qui est au vert : d’avoir ce soutien plein et entier des collectivités territoriales. Honnêtement, je le dis, ça éclaire un peu notre avenir. »
Un combat intergénérationnel
Clotilde Flaugère a connu une carrière marquée par des progrès constants, mais aussi par des difficultés. « J’ai connu une époque où tu jouais avec des filles qui payaient leur billet de train quand elles montaient pour jouer en équipe de France pour rejoindre Paris. Moi, la Fédération a toujours payé mes billets quand il fallait que j’aille jouer quelque part. Chaque époque travaille pour améliorer les choses et aujourd’hui, notre cap à franchir, est sur le statut des joueuses », explique-t-elle.
Pour elle, ce combat dépasse l’individu : « C’est un combat qui te dépasse un petit peu. Ce n’est plus se battre pour soi, pour vivre des choses humaines extraordinaires mais se battre pour faire la route aux autres. »
Des besoins multipliés par 40
Les besoins sont massifs. « Une équipe, c’est 40 joueuses, donc un problème de recherche d’emplois, de formations, d’appartements multiplié par 40. Quand vous avez une équipe réserve, c’est par 80. Et, quand on étend ça aux autres clubs locaux, ce sont des centaines de sportives qui ont besoin d’être soutenues », détaille Flaugère.
Forte de trois grands chelems et de deux Coupes du monde, elle entend « aller chercher ces milliers de sportives pour parler dans les villes du rôle sociétal du sport féminin ». Avant cela, l’urgence reste de loger, former et professionnaliser ses joueuses. Pour toute piste ou proposition, elle est joignable à cflaugere@montpellier-rugby.com ou au 0788619513.



