Les Français champions du pessimisme politique selon le baromètre Sciences Po
Les Français champions du pessimisme politique selon Sciences Po

Des sympathisants du Rassemblement national ont été observés lors d'un déplacement de Jordan Bardella à Carcassonne, dans l'Aude, le 7 février 2026. Cette scène illustre un contexte politique français marqué par une défiance croissante, comme le révèle la dernière enquête du Centre de recherches politiques de Sciences Po.

Un décrochage frappant de la confiance politique

Les Français se distinguent par leur pessimisme prononcé, apparaissant plus méfiants, plus moroses et plus fatigués que leurs voisins britanniques, allemands et italiens. Cette tendance s'accentue à l'issue d'une période de tensions politiques, entre crise et immobilisme, depuis les élections législatives anticipées de juin 2024.

Les résultats clés du baromètre annuel

La 17e vague de l'enquête annuelle du baromètre de la confiance politique, pilotée par le Cevipof et réalisée par OpinionWay, montre un désarroi grandissant. Parmi les sondés français, ils sont désormais moins d'un quart, précisément 22%, à déclarer avoir confiance dans la politique. Ce chiffre place la France loin derrière ses voisins européens, soulignant un décrochage significatif.

L'étude, intitulée « En quoi les Français ont-ils confiance aujourd'hui ? », a été menée du 12 au 28 janvier 2026. Elle repose sur un échantillon représentatif de 3 166 personnes inscrites sur les listes électorales, âgées de 18 ans et plus. La méthode des quotas a été utilisée pour assurer la représentativité en termes de sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, revenus et lieu de résidence.

Implications pour les prochaines échéances électorales

Ce décrochage de confiance pourrait augurer de grands moments de clarification politique. Les premières échéances concernent les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, mais l'attention se porte surtout sur l'élection présidentielle de 2027. Malgré leur pessimisme, les Français continuent de croire en l'utilité du vote, avec 76% estimant que voter est utile.

Cependant, cette conviction coexiste avec un jugement sévère sur le fonctionnement de la démocratie. Une proportion égale de Français, soit 76%, considère que leur démocratie fonctionne mal. Cette contradiction révèle une tension entre l'attachement aux institutions démocratiques et une profonde insatisfaction à l'égard de leur performance actuelle.

Un contexte de fatigue politique persistante

La morosité observée parmi les Français s'inscrit dans un contexte plus large de lassitude politique. Les tensions accumulées depuis les élections législatives de 2024, combinées à une perception d'immobilisme, ont contribué à éroder la confiance. Cette dynamique pourrait influencer les comportements électoraux lors des prochaines consultations, avec des électeurs potentiellement plus volatils ou désengagés.

Le baromètre du Cevipof sert ainsi d'indicateur précieux pour comprendre les évolutions de l'opinion publique française. Il met en lumière un fossé croissant entre les citoyens et le système politique, posant des défis majeurs pour la cohésion sociale et la légitimité des futures décisions électorales.