L'avocat et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure (CRSI), Thibault de Montbrial, est l'invité du député Éric Pauget ce vendredi à Antibes. Il présentera son livre « France : le choc ou la chute » et participera à une conférence intitulée « Ordre, Autorité et Sécurité », prévue à 18 h 30 à la salle des Associations du vieil Antibes. Avant cette rencontre, il livre son diagnostic sur la sécurité et l'autorité de l'État.
Une tournée des territoires pour écouter les citoyens
Depuis 2024, Thibault de Montbrial s'astreint à se déplacer une ou deux fois par mois minimum dans tous les territoires. Ce vendredi marque sa 52e visite en un peu moins de trois ans. Ces visites sont toujours coorganisées entre le CRSI et des acteurs locaux associatifs. « C'est une rencontre avec les citoyens, les acteurs de la sécurité, si possible les entrepreneurs et les élus locaux. En fait, c'est la chair et le sang du pays », explique-t-il.
Selon lui, il est impossible de réfléchir depuis une tour d'Ivoire sans avoir conscience de la réalité et des attentes des concitoyens. « Ce sont des moments précieux où je me nourris de nos échanges. C'est vraiment une vertu dans les deux sens », ajoute l'avocat.
Un décalage devenu fracture entre les élites et le terrain
Interrogé sur un éventuel décalage entre le vécu des Français et le traitement politique national des questions de sécurité, Thibault de Montbrial se dit « très frappé ». Il a découvert un phénomène dont il ne mesurait pas l'ampleur et que, selon lui, les élites parisiennes ne mesurent toujours pas : « le décalage qui tourne à la fracture entre les élites parisiennes, qu'elles soient politiques, mais aussi médiatiques et économiques, et la réalité de ce que rencontrent les Français sur le terrain ».
Il évoque d'abord un sentiment d'abandon politique. Beaucoup d'élus politiques locaux, y compris appartenant à des partis dits de gouvernement, le lui confient. Ce qui est inquiétant, précise-t-il, n'est pas tant le rejet des personnes que la défiance envers les institutions.
Un État impuissant par manque de courage
Dans son livre, l'auteur dresse le constat d'un État impuissant. Pour lui, l'État est impuissant parce qu'il n'a pas de courage. « C'est de l'auto-impuissance. C'est de l'impuissance qui s'est installée petit à petit par la somme des renoncements, des petits renoncements qui sont devenus des grands renoncements », analyse-t-il. Plus on renonce, plus l'ampleur de la tâche à accomplir grandit.
La première étape, selon lui, est l'application de la loi. « Ce qui manque dans ce pays, c'est que les personnes investies d'une autorité, quelle qu'elle soit, ne l'assument plus », regrette-t-il. Il rappelle que l'autorité est un service et une responsabilité, et que seule l'autorité peut faire fonctionner le pacte social.
Un quadruple choc nécessaire pour le pays
Thibault de Montbrial estime que la France a besoin d'un quadruple choc. D'abord un choc d'autorité : assumer et appliquer la loi. Ensuite un choc économique, car les politiques de redressement seront impossibles avec le taux d'endettement actuel. Troisièmement, un choc culturel pour réexpliquer et réapprendre ce qu'est la France. Enfin, un choc climatique : il est indispensable d'adapter les infrastructures à l'évolution rapide du climat. « Ce sont quatre grands domaines sur lesquels il va falloir une vraie radicalité », conclut-il.
À l'approche de la présidentielle de 2027, l'avocat se dit dans une logique d'engagement au service de son pays. « J'ai servi mon pays comme soldat et je suis dans une logique d'engagement au service de mon pays, parce que les Français me le disent, et je me rends bien compte qu'une grande partie de la classe politique actuelle fait partie du problème et pas de la solution », affirme-t-il.