Sites néonazis : un député macroniste veut en faire interdire cinq
Sites néonazis : un député veut interdire cinq plateformes

Le député macroniste Éric Bothorel a annoncé ce mercredi son intention de demander l'interdiction de cinq sites internet qualifiés de néonazis. Dans une lettre adressée au ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, et au secrétaire d'État chargé du Numérique, Cédric O, l'élu du Finistère dénonce des plateformes qui « propagent des idéologies haineuses et incitent à la violence ».

Une liste précise de sites visés

Les sites concernés, selon le député, diffusent des contenus antisémites, racistes et négationnistes. Parmi eux figurent des forums et des blogs hébergés à l'étranger, ce qui complique leur fermeture. Éric Bothorel souligne que ces plateformes « contournent les lois françaises en s'appuyant sur des serveurs situés hors de l'Union européenne ».

Un cadre légal à renforcer

Le député propose de s'appuyer sur la loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République, dite loi « séparatisme », qui permet de lutter contre les discours de haine en ligne. Il suggère également de renforcer la coopération avec les autorités judiciaires et les hébergeurs pour bloquer l'accès à ces sites.

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« Il est urgent d'agir », insiste Éric Bothorel. « Ces sites ne sont pas de simples espaces de discussion ; ils sont des vecteurs de radicalisation et de passage à l'acte. »

Une initiative saluée par des associations

Plusieurs organisations de lutte contre les discriminations, comme la Licra et SOS Racisme, ont salué cette démarche. Elles rappellent que la haine en ligne a des conséquences concrètes, comme l'augmentation des actes antisémites et racistes. Selon un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme, les contenus haineux en ligne ont augmenté de 30 % en 2023.

Des critiques sur la liberté d'expression

Cependant, cette proposition suscite des inquiétudes parmi les défenseurs des libertés numériques. Certains craignent une dérive vers la censure et une atteinte à la liberté d'expression. Le député répond que « la liberté d'expression a des limites, notamment lorsqu'elle appelle à la haine ou à la violence ».

Le gouvernement n'a pas encore officiellement réagi, mais le ministre de l'Intérieur a indiqué qu'il étudierait la demande avec attention. Une réunion est prévue dans les prochains jours entre les services de l'État et les plateformes concernées.

Cette initiative intervient dans un contexte de montée des extrémismes en France. Selon les services de renseignement, le nombre de sites néonazis actifs a doublé en deux ans, attirant un public jeune et fragile. Pour Éric Bothorel, il est temps de « passer de la parole aux actes » et de « protéger notre démocratie ».

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