Le préfet du Gard renforce l'encadrement du protoxyde d'azote pour dissuader l'usage détourné
Préfet du Gard : nouvel arrêté contre le protoxyde d'azote

Le préfet du Gard durcit les règles contre l'usage détourné du protoxyde d'azote

Face à la recrudescence de l'usage récréatif du protoxyde d'azote, Jérôme Bonet, préfet du Gard, a promulgué un nouvel arrêté pour renforcer l'encadrement de cette pratique. Cette mesure vise à combler les lacunes juridiques identifiées après le premier arrêté, en interdisant désormais le transport de quantités excessives de ce gaz, initialement destiné à des usages légitimes comme la fabrication de chantilly.

Une interdiction du transport pour dissuader les abus

Le nouvel arrêté introduit une interdiction clé : le transport de protoxyde d'azote en quantités supérieures à la limite autorisée pour les particuliers, fixée à dix cartouches de 8,6 grammes maximum. Jérôme Bonet explique : "L'idée est de dissuader et de donner des outils aux forces de l'ordre. Lors de contrôles routiers, des bonbonnes étaient retrouvées, mais sans consommation en cours, cela n'était pas punissable auparavant." Les contrevenants risquent une amende de 168 euros, sauf s'ils sont des professionnels avec un motif légitime.

Bilan mitigé du premier arrêté et objectif de dissuasion

Le premier arrêté, en vigueur pendant deux mois, a conduit à quelques verbalisations, mais son impact chiffré reste limité. Le préfet souligne : "C'est compliqué de faire un bilan précis, car les sanctions concernaient souvent d'autres infractions. Cependant, un effet dissuasif a été observé, avec moins de bonbonnes abandonnées dans l'espace public." Pour permettre une meilleure évaluation, le nouvel arrêté est valable six mois, avec l'objectif d'accentuer cette dissuasion.

Les défis du dépistage et de la qualification juridique

Les récents drames, comme celui d'Alès où trois jeunes sont morts dans un accident lié au protoxyde d'azote, mettent en lumière les dangers de cette consommation au volant. Jérôme Bonet note : "On n'a pas encore de tests de détection similaires à ceux pour l'alcool ou les stupéfiants. Les laboratoires y travaillent, mais pour l'instant, seules des expertises post-mortem sont possibles." La complexité réside dans la qualification juridique du protoxyde d'azote, qui a des usages légaux (médical, pâtisserie), rendant difficile son inscription sur la liste des stupéfiants.

Renforcement des mesures préventives auprès des jeunes

Outre les sanctions, un volet préventif est déployé pour limiter l'usage détourné, notamment chez les jeunes, principaux consommateurs. Le préfet détaille : "Nous avons intégré la dimension protoxyde d'azote dans les discours sur les addictions, en collaboration avec l'éducation nationale et l'association CODES 30. L'objectif est de démultiplier ce message pour lutter contre la banalisation de cette pratique dangereuse." La mission interministérielle de lutte contre les drogues inclut désormais ce gaz dans ses campagnes de sensibilisation.

En somme, cette initiative du préfet du Gard vise à renforcer la sécurité et la prévention, tout en naviguant dans les complexités juridiques liées à un produit aux usages multiples.