Éric Ciotti, maire de Nice, a inauguré le 25 septembre 2026 le troisième poste de police municipale ouvert en six mois, situé au premier étage de l'Espace Laure-Ecard, 50 boulevard Saint-Roch. Cette antenne, qui accueillera 32 agents (policiers municipaux et ASVP), doit « protéger les quartiers est de Nice en pleine mutation », selon le maire. L'opposition, par la voix de Patrick Allemand, juge l'emplacement « une occasion manquée » et aurait préféré une implantation près du trafic de stupéfiants, vers Pont-Michel.
Une inauguration sous le signe de la promesse sécuritaire
La place Saint-Roch grouillait de monde ce matin-là, avec de nombreux policiers municipaux présents. Éric Ciotti, accompagné de sa première adjointe en charge de la Sécurité, Françoise Souliman, a rappelé son engagement de campagne : « Remettre de l'ordre dans les comptes et dans les rues ». Une promesse qui devait se traduire par « une augmentation de 50 % de présence sur le terrain ». Le maire a concédé : « Ce n'est pas encore atteint, mais fin 2027 on aura finalisé les 200 recrutements et à la fin de cette année 2026 on sera déjà à 50 policiers municipaux de plus ».
Pour y parvenir, une « grande campagne de recrutement » est lancée, « jusque dans les couloirs du métro parisien », a précisé Éric Ciotti. Depuis l'arrivée de sa majorité, la police municipale a effectué « 3777 interpellations », a-t-il révélé. Le poste de Saint-Roch, dont l'armurerie est encore vide, sera « prêt d'ici 10 jours », selon un agent sur place.
Des résultats contrastés dans les quartiers
Aux Moulins, où un poste a été ouvert une semaine après la fusillade mortelle du 11 mai, les interpellations ont augmenté de 53 %, dont une grande majorité liée aux stupéfiants. Si les habitants reconnaissent que c'est « plutôt calme depuis quelque temps », certains regrettent une présence policière moins visible : « On les a vus beaucoup au début, mais maintenant plus », témoigne un pilier de la place des Amaryllis. Les patrouilles équestres sont visibles, mais « les agents à pieds, non », ajoute une autre personne.
Dans d'autres quartiers, les chiffres sont aussi en hausse, comme à Trachel où Éric Ciotti avance « 73 interpellations de plus que l'an dernier à la même période ». Le maire a également inauguré des postes à Saleya et aux Moulins, portant à trois le nombre d'antennes ouvertes en six mois.
L'opposition pointe un emplacement inadapté
Patrick Allemand, élu municipal PS du groupe « Gauche et Écologistes », reconnaît que l'antenne de l'Espace Laure-Ecard « est bien accueillie ». Mais il dénonce une « occasion manquée » : « Nous persistons à penser que l'emplacement choisi pour ce poste ne correspond pas aux demandes formulées par les habitants du quartier que nous avons consultés ». Les habitants souhaitaient, selon lui, « voir la police municipale s'installer au plus près du trafic de stupéfiants pour sécuriser le secteur de la cité Roquebillière et les rues Fenoglio de Briga et Jules Michel », des zones « gangrenées par la violence des gangs ».
Pour le socialiste, « si c'est bien la police nationale qui est compétente en matière de lutte contre le trafic de stupéfiants, la police municipale a un rôle important à jouer. Sa présence dissuade, dérange et désorganise le trafic et les agents municipaux peuvent interpeller en cas de flagrant délit ». L'opposition maintient donc sa demande d'une implantation plus proche des zones sensibles, alors que la municipalité met en avant ses résultats globaux et ses recrutements en cours.