À l'approche de la saison estivale, la police nationale et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Montpellier ont organisé une réunion pour aider les commerçants du centre-ville à faire face aux vols, agressions et escroqueries. Une cinquantaine de gérants de magasins étaient présents ce mardi 16 juin à la CCI pour échanger sur les bonnes pratiques en matière de sécurité.
Une réunion pour renforcer la sécurité des commerces
Le président de la CCI, André Deljarry, aux côtés du directeur interdépartemental de la police nationale, Benoît Desmartin, et plusieurs chefs de service, ont passé en revue les réflexes à adopter en cas d'incident. Les commerçants ont pu poser leurs questions, notamment sur la gestion des troubles à l'ordre public lors de grands rassemblements comme la Fête de la musique ou les célébrations de la Coupe du monde de football. Comment alerter la police en cas d'urgence ? Quelles informations essentielles fournir à l'opérateur ? Quelles consignes respecter ? Autant de points abordés lors de cette séance.
Le rôle d'intermédiaire de la CCI
La CCI a rappelé son rôle d'intermédiaire entre les professionnels et la police nationale. « Le triptyque commerçants, CCI, police fonctionne », a assuré André Deljarry, ajoutant qu'une formation était en projet pour initier les commerçants aux comportements adaptés en cas d'agression ou de braquage, comme cela a déjà été fait avec les buralistes.
Diagnostics de sûreté et réserves opérationnelles
Benoît Desmartin a indiqué que ses services pouvaient réaliser des diagnostics de sûreté dans les commerces et organiser des rondes de surveillance pendant les périodes de fermeture estivale. Il a également évoqué le développement d'une réserve opérationnelle de la police, comparable à celle de la gendarmerie. « Depuis quinze jours, des patrouilles de réservistes, incluant chacune un ancien policier, sont mises en place. L'objectif est d'avoir plus de présence sur la voie publique et d'être davantage au contact des commerçants », a-t-il expliqué.
Sécurisation des grands événements
La question de la sécurisation des prochains grands événements en centre-ville a été soulevée, après les débordements du 30 mai dernier lors de la victoire du PSG en Ligue des Champions, où des vitrines avaient été brisées entre la Comédie et le Polygone. Pour la Fête de la musique, le directeur départemental de la police annonce « une présence très forte » d'effectifs toute la soirée. Le calendrier de la Coupe du monde de football sera également sous surveillance, notamment les jours de matches des équipes du Maroc et de l'Algérie. Le commandant Jérôme Crouzet, chef du commissariat de secteur centre-ville, a rappelé l'efficacité des groupes de partenariat opérationnel (GPO), conduits sur une période de 3 à 4 mois autour d'un problème précis. « Les commerçants peuvent solliciter la police pour en organiser un sur leur problématique », a-t-il précisé.
Vidéosurveillance : cadre légal et bonnes pratiques
Un point majeur de la réunion a concerné l'usage de la vidéosurveillance dans les commerces. Léone Crouzet, référente sûreté du commissariat, a rappelé le cadre légal de leur utilisation, à l'intérieur comme à l'extérieur. « Les pharmacies, bijouteries et bureaux de tabac peuvent placer des caméras sur la voie publique, sur autorisation préfectorale, mais elles doivent être séparées du système de vidéoprotection principal. Seules les forces de l'ordre ont accès aux enregistrements », a-t-elle souligné. La vidéosurveillance est un outil dissuasif, protecteur et constitue une preuve légale en cas d'incident.
Dépôt de plainte et signalements en ligne
Des conseils ont également été donnés pour déposer plainte, que ce soit dans un bureau de police ou en ligne via le site masecurite.interieur.gouv.fr, qui permet également les signalements et les démarches en ligne. La rubrique « police rendez-vous » permet d'éviter l'attente au commissariat.
Problème de toxicomanie dans l'espace public
L'augmentation de la toxicomanie en pleine rue a aussi été abordée. La secrétaire de l'association Courreau-Gambetta a alerté : « On note depuis trois ou quatre mois une recrudescence de personnes qui se piquent. Je signale quand je trouve des seringues. » La police nationale assure être mobilisée sur ce problème. « Il y a dix jours, j'ai interpellé un individu qui était en train de se piquer près du lycée La Merci. Des réunions de travail sur cette question sont organisées », a indiqué le commandant Jérôme Crouzet, soulignant la connaissance de la population SDF et/ou toxicomane. « Nous connaissons quasiment l'identité de chacun », a-t-il ajouté.



