À Nîmes, la levée du couvre-feu inquiète les habitants de Pissevin
Levée du couvre-feu à Nîmes : craintes à Pissevin

Le couvre-feu instauré pour les mineurs de moins de seize ans non accompagnés dans six quartiers prioritaires de Nîmes a été levé ce lundi 22 septembre par le maire Jean-Paul Fournier. Cette mesure, en vigueur depuis le 22 juillet, visait à protéger les jeunes des fusillades liées au narcotrafic. Si la municipalité justifie cette décision par le retour au calme, les habitants de Pissevin, Mas-de-Mingue et Valdegour expriment leurs craintes.

Un couvre-feu jugé bénéfique par les résidents

Dans le quartier Pissevin, les habitants rencontrés ce lundi matin ignoraient souvent la levée du dispositif. Karim, commerçant et père de famille, regrette cette décision : "Le couvre-feu concernait uniquement les mineurs, mais il a eu des effets bénéfiques sur l'ensemble du quartier grâce à une présence policière accrue." Il redoute désormais un départ massif des forces de l'ordre : "Moins on voit de bleu, plus il y a de violence."

Devant l'école Paul-Langevin, une mère isolée confie : "Pendant le couvre-feu, mes ados savaient qu'ils auraient des problèmes s'ils traînaient dehors. C'était plus simple de les garder à l'intérieur." Elle se dit désemparée par la levée de la mesure.

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Des habitants qui anticipent un retour de l'insécurité

Mounia, mère de jeunes enfants, explique qu'elle quitte Nîmes chaque été pour échapper aux violences : "En juillet-août, la violence explose. Nous étions en Ardèche puis au Maroc. Mais mes amies sur place ont apprécié le couvre-feu." Elle associe la levée du dispositif à un départ de la police : "Maintenant que la police s'en va, je ne donne pas plus de quelques semaines avant que la violence ne frappe."

Pourtant, la préfecture indique qu'une unité de CRS de 60 effectifs reste mobilisée, en complément des polices municipale et nationale. Mais pour les habitants, cette présence ne suffit pas à dissiper les inquiétudes.

Les associations témoignent d'un été plus calme

Les associations locales, comme Amaos et Paseo, rapportent un été plus serein grâce au couvre-feu et aux patrouilles. "Les habitants nous ont dit que c'était plus calme à Pissevin", confie une référente d'Amaos. Véronique Carnevalé, présidente de Paseo, salue le courage des familles : "Elles subissent sans se révolter. La mobilisation des associations est très forte."

Des fonds exceptionnels ont permis d'organiser des sorties dans les Cévennes pour les familles. Mais tous s'accordent à dire que la lutte contre le trafic de drogue est un combat de long terme, et que la levée du couvre-feu pourrait marquer un retour des violences.

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