Pays Basque : la formation des sauveteurs-pompiers des plages entièrement repensée
Formation des sauveteurs-pompiers des plages du Pays Basque repensée

Une formation révolutionnaire pour les gardiens des plages basques

La surveillance estivale des plages du Pays Basque s'appuie désormais sur une formation entièrement repensée pour les sauveteurs des sapeurs-pompiers. Cette année, le Service Départemental d'Incendie et de Secours des Pyrénées-Atlantiques (SDIS 64) a complètement transformé son programme de formation, abandonnant un modèle inchangé depuis trois décennies au profit d'une approche plus professionnalisante et pragmatique.

Sélection drastique et immersion pratique

Sur les 140 candidats initiaux qui ont postulé pour devenir sauveteurs saisonniers, seuls 55 ont été retenus après une sélection rigoureuse. « Nous avons voulu repenser toute la formation en la remettant au goût du jour. L'idée est de professionnaliser nos sauveteurs », explique Sylvain Denegre, chef du centre d'incendie et de secours d'Hendaye et responsable de la mission surveillance des baignades.

Le processus de sélection comprend désormais des tests théoriques à distance suivis d'épreuves physiques exigeantes : course à pied, nage et rame en paddle. « Dans l'ancienne formation, la théorie prenait plus de place. Maintenant, on ne sélectionne que les meilleurs pour se concentrer sur une formation professionnalisante directement sur leur futur poste de travail », précise Sylvain Denegre.

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Exercices en conditions réelles sur les plages

La nouveauté majeure réside dans l'accent mis sur la pratique en situation réelle. Ce mercredi 8 avril sur la plage de l'Uhabia à Bidart, les sauveteurs en formation ont participé à un exercice de sauvetage grandeur nature. Alors que les drapeaux de baignade surveillée étaient plantés dans le sable, une alerte a été déclenchée pour simuler un baigneur en difficulté.

En quelques secondes, trois sauveteurs sont intervenus simultanément : l'un à la nage, un autre en paddle et un troisième en jet-ski. Tom, 23 ans, sauveteur expérimenté formé depuis ses 17 ans, apprécie cette nouvelle approche : « La formation est plus réaliste qu'avant car on s'exerce à tout ce qu'on fait chaque été, directement au poste de secours. Les épreuves sont plus explosives, avec des efforts courts et intenses, ce qui correspond à la réalité ».

Une saison étendue et des compétences élargies

Cette refonte s'accompagne d'une extension significative de la période de surveillance. « Avant, la saison était plus courte, concentrée sur l'été. Maintenant, elle s'étale d'avril à novembre », indique Sylvain Denegre. Les 55 nouveaux sauveteurs, qui obtiendront le statut de sapeurs-pompiers volontaires saisonniers, seront encadrés par 75 sauveteurs déjà formés.

La formation inclut désormais plusieurs dimensions complémentaires :

  • Une gestuelle de communication commune basée sur des signaux internationaux pour une coordination optimale entre sauveteurs sur la côte et dans l'eau
  • Une formation pédagogique pour répondre aux questions fréquentes des baigneurs sur les marées, les risques de baignade et les dangers de pollution
  • Une préparation aux différents types d'interventions recensées en 2025 : 8 772 interventions dont 67% pour blessures et malaises, 26% pour assistances aux baigneurs

Exigences renforcées pour les futurs sauveteurs

Pour intégrer cette formation d'excellence, les candidats doivent remplir des conditions strictes : avoir au moins 18 ans (17 ans en excellente condition physique), être titulaire du Brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique (BNSSA) et posséder la Formation premiers secours en équipe de niveau 2 (PSE2). Après examen du dossier, les candidats retenus effectuent un stage en mer avec épreuves qualificatives en avril.

Les 110 sauveteurs ainsi formés assureront la surveillance sur 11 postes de secours répartis entre Hendaye, Ciboure, Bidart et le lac de Saint-Pée-sur-Nivelle. Leur mission : prévenir les accidents et intervenir rapidement, comme en témoignent les chiffres de 2025 où 161 personnes avaient été évacuées, dont six par hélicoptère, malheureusement avec cinq décès à déplorer.

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Cette refonte complète de la formation représente un investissement majeur dans la sécurité des plages basques, avec pour objectif affiché d'obtenir « des profils plus performants en termes sportifs et en technicité » selon les mots de Sylvain Denegre. Une évolution nécessaire face à l'afflux touristique estival et aux conditions parfois périlleuses du littoral basque.