Décès en prison : la CGLPL dénonce un manque de traçabilité
Décès en prison : la CGLPL dénonce un manque de traçabilité

Plusieurs centaines de personnes « meurent chaque année en France » dans un lieu privatif de liberté, « sans que leur nombre exact soit connu », dénonce vendredi 25 septembre 2026 la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL). Dans deux avis distincts publiés au Journal officiel, l'institution pointe également un taux de suicide en détention parmi les plus élevés d'Europe, ainsi que de graves carences dans la prévention et la prise en charge de ces décès.

Un nombre de décès ni connu ni rendu public

La CGLPL regrette que le nombre exact de personnes mortes dans ces lieux « n'est ni complètement connu, ni rendu public », « faute de traçabilité et de remontée adéquates des informations ». Cette lacune s'explique notamment, selon elle, « par l'incapacité du ministère de la Santé à indiquer le nombre de patients décédés au cours ou à l'issue de leur hospitalisation en soins sans consentement ».

Le ministère de la Justice a toutefois comptabilisé 275 décès en détention en 2025, sans distinguer la proportion de femmes et de mineurs. Plus de la moitié de ces décès, soit 136, sont causés par des suicides.

Un taux de suicide très au-dessus de la moyenne européenne

Selon l'étude SPACE du Conseil de l'Europe, le taux de suicide dans les prisons françaises s'établit à 19,4 pour 10.000 détenus, contre une médiane européenne de 7,3. Ce chiffre place la France très au-dessus de la moyenne européenne.

Entre 2022 et avril 2026, la CGLPL relève également le chiffre « alarmant » de 24 détenus tués par des codétenus au sein d'établissements pénitentiaires « sur-occupés ». L'institution pointe aussi des défaillances dans l'accès aux soins des détenus gravement malades, jusqu'à un tiers des extractions médicales programmées étant annulées faute d'escorte.

Des décès en psychiatrie et dans les locaux de police

Le ministère de l'Intérieur a recensé 14 morts en 2024 dans les locaux de police, gendarmerie et centres de rétention administrative (CRA), contre quatre l'année précédente. Aucun décès n'a été enregistré entre janvier et août 2025.

En psychiatrie, des personnes hospitalisées « meurent en isolement, parfois attachées », parfois sans surveillance ni traçabilité, note encore l'avis. Deux cas sont relevés pour lesquels « aucune autopsie n'a été effectuée en dépit du caractère inexpliqué de ces décès ».

La CGLPL demande l'arrêt de la contention

La contrôleure recommande la fin de la pratique de contention « sans attendre » l'échéance de 2030 fixée par le gouvernement. L'institution réclame que les données sur ces décès soient systématiquement analysées et rendues publiques par chaque ministère concerné.