Dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux, l’Union des professionnels du tourisme naturiste (UPTN) a mis les pieds dans le plat par l’intermédiaire de son président : au village naturiste du Cap d’Agde, les hommes viennent seuls et ça pose problème. L’UPTN demande aux pouvoirs publics une gestion « plus moderne » de la barrière d’entrée du village naturiste.
Une lettre ouverte qui dérange
Au-delà de la carte postale sulfureuse du village naturiste, il est des réalités que l’UPTN a souhaité mettre en avant à moins de six mois des élections municipales agathoises. Une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux à l’adresse des commerçants, mais aussi de la municipalité actuelle et des futurs candidats, dans laquelle le président de l’UPTN, Philippe Barreau, réélu pour la troisième fois consécutive, a pointé du doigt un problème de sécurité qui se pose de plus en plus : la présence accrue d’hommes seuls à l’intérieur du quartier.
« Je ne me sens plus très bien au village »
« Nous voulons plus de sécurité, car notre clientèle veut pouvoir profiter du naturisme sans attirer une collection d’hommes seuls », relaie ainsi le commerçant, qui fait écho à des critiques entendues l’été dernier. « Nous venons depuis trente ans avec mon mari et je dois vous dire que depuis trois ans, je ne me sens plus très bien au village », témoigne Martine sur les réseaux sociaux. « J’adorais, la journée, faire le tour des boutiques, aller à la plage seule pendant que mon mari dormait. Eh bien j’en ai marre des remarques graveleuses, voire pire, comme ne plus oser promener mon petit chien le soir parce qu’un groupe de morveux vous entoure. Oui, j’aimais mettre des robes transparentes, des talons hauts, mais j’adorais aussi le respect. »
Des moyens légaux limités
Depuis l’affaire des violences commises en 2023 par des agents de sécurité municipaux à l’entrée du village naturiste, la municipalité marche sur des œufs. Concrètement, elle n’a aujourd’hui que très peu de moyens légaux pour limiter l’accès aux hommes seuls, qui se sont acquittés du droit d’entrée. Fort heureusement, certains, respectueux, ne posent aucun problème, tandis que d’autres sont volontiers qualifiés de voyeurs. « Cette année, il y avait des hommes qui n’avaient rien à faire là », estime Corinne. « Franchement, on ne se sent plus en sécurité comme avant, d’autant que l’info va vite remonter qu’au Cap, c’est libre accès ! L’année prochaine, ce sera pire. » Idem pour Pierre, qui pense aussi « qu’il y a beaucoup trop d’hommes seuls qui embêtent aussi bien les couples que les femmes seules. »
Des solutions demandées
Ainsi, l’UPTN appelle à « une gestion de la barrière plus moderne dans la forme, avec la possibilité de tracer les malfaisants qui rentrent dans le village indûment. » Une demande couplée à celle de pouvoir bénéficier de plus de places de stationnement à l’avenir, « parce que mettre des PV lorsque le village reçoit des dizaines de milliers de visiteurs, n’est pas la bonne solution pour pérenniser la présence de nos touristes. » Voilà en tout cas des axes de réflexion pour les candidats au fauteuil de maire.



