Black-out géant dans le Var et les Alpes-Maritimes : un an après, l'enquête au point mort
Black-out géant dans le Var et les Alpes-Maritimes : un an après

Un black-out géant qui a paralysé la région

Le 24 mai 2025, à 10 heures du matin, une coupure d'électricité massive a plongé une partie des Alpes-Maritimes et du Var dans l'obscurité. De nombreuses villes, de Cannes au canton de Fayence en passant par Grasse, Antibes, Mandelieu-la-Napoule ou encore Vallauris, ont été touchées. Si dans un premier temps, de nombreux habitants ont cru à une simple panne locale, le black-out a finalement duré plus de six heures, provoquant angoisse et chaos.

Une journée de chaos et d'angoisse

Le réseau téléphonique était hors service, les gares bloquées, les commerces à l'arrêt, la circulation anarchique en raison de l'absence de feux tricolores. Les riverains étaient bloqués derrière leurs portails électriques ou dans des ascenseurs. Pour les personnes dépendant d'appareils médicaux ou placées sous assistance respiratoire à domicile, privées de téléphone pour joindre leurs proches, l'attente a été interminable. Alors que les projecteurs du monde étaient braqués sur Cannes, qui clôturait ce jour-là sa 78e édition du Festival, le Palais a mis en place ses générateurs de secours pour maintenir les projections et assurer la cérémonie prévue le soir même.

Des attaques criminelles minutieusement préparées

Rapidement, les pistes de simples pannes ou d'accident ont été écartées au profit d'attaques criminelles minutieusement préparées. Dans la nuit du vendredi au samedi, vers 2h45, plusieurs départs de feu ont ravagé un poste stratégique dans l'enceinte de l'usine RTE de Tanneron, dans le Var. La même nuit, dans une zone difficile d'accès à Villeneuve-Loubet, des individus ont délibérément scié trois des quatre piliers d'un pylône à haute tension. L'offensive s'est achevée la nuit suivante à Nice-Ouest avec la destruction d'un transformateur ravagé par les flammes, plongeant 35 000 autres foyers dans le noir.

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La vulnérabilité du réseau mise en lumière

Ces actes de sabotage ont soulevé de vives inquiétudes et des questions sur la protection des infrastructures. Face aux élus indignés réclamant des mesures, RTE (le gestionnaire du réseau de transport d'électricité) a admis l'impossibilité matérielle de sécuriser l'ensemble de ses installations : avec 106 000 kilomètres de lignes à très haute tension et des milliers de pylônes isolés répartis sur tout le pays, maintenir une surveillance permanente relève de l'utopie.

Des actes revendiqués par un collectif d'anarchistes

Dès le dimanche, un collectif se présentant comme « deux bandes d'anarchistes » a revendiqué l'intégralité de ces actes via un manifeste mis en ligne sur le site Indymedia. Sous forme d'une critique de cinéma sarcastique baptisée « Sabotage 2 : Nocturne à Cannes », le texte dénonce « l'obscénité » du Festival et un système qualifié de « militariste, industriel et répressif ». Leur mot d'ordre, « Coupez ! », est un appel à paralyser la région tout en accusant la France d'être la « deuxième exportatrice d'armes au monde ».

Une enquête centralisée par le parquet antiterroriste

Face à l'ampleur et à la coordination des attaques, les parquets de Draguignan, Grasse et Nice se sont saisis du dossier, lançant des investigations de grande ampleur : exploitation systématique de la vidéosurveillance, relevés ADN et empreintes, analyse de milliers de données de téléphonie mobile. L'enquête a finalement été centralisée par le parquet national antiterroriste. Un an plus tard, les investigations se poursuivent toujours, sans communication des autorités, et le mystère reste entier.

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