Bilan mer 2026 : 42 décès, paddles et collisions en hausse
Bilan mer 2026 : 42 décès, paddles et collisions en hausse

La campagne de sécurité en mer pour l'été 2026 en Méditerranée, de mai à fin septembre, s'achève sur un bilan marqué par une hausse des accidents et 42 décès. Le nouveau préfet maritime de Méditerranée, le vice-amiral d'escale Laurent Hermann, a présenté les chiffres : 3659 opérations coordonnées par le CrossMed, soit une augmentation de 3,5% par rapport à 2025, et 10 563 personnes impliquées. Les accidents de paddle bondissent de 76%, et les retraits de titre de navigation progressent de 58%.

Une saison intense marquée par une hausse des interventions

Entre mai et fin septembre, sur les neuf départements de la façade méditerranéenne et les 2000 km de côte (Corse comprise), le CrossMed a coordonné 3659 opérations, un chiffre en hausse de 3,5% par rapport à 2025. Les opérations liées à la plaisance et aux loisirs nautiques représentent 3517 interventions, avec une augmentation de près de 18%. Au total, 332 blessés ont été dénombrés, soit une hausse de 10%, et 42 décès, un chiffre stable par rapport à l'année précédente.

Le préfet maritime attribue ces résultats à plusieurs facteurs : "Plusieurs facteurs peuvent être avancés pour expliquer ces chiffres. D'abord, il y a eu une fréquentation en hausse, la saison a été intense et s'est prolongée. Le fait qu'il fasse chaud aussi, avec l'envie de se rafraîchir et d'utiliser un paddle ou un kayak qui paraissent faciles d'usage et incitent certains à partir en mer sans avoir la compétence requise, même si c'est difficile à quantifier", analyse Laurent Hermann. Il ajoute que le numéro des secours, le "196", est mieux connu, ce qui a conduit à plus d'appels au CrossMed, parfois pour des situations sans suite. Près de 650 fausses alertes ont été enregistrées durant la saison.

Des accidents en hausse liés à l'électrification des engins nautiques

Dans le détail de l'accidentologie, les baignades mortelles restent la première cause de décès avec 16 cas. La plongée sous-marine en bouteille a causé 7 décès et l'apnée 4. Le préfet maritime regrette : "Nous avons le triptyque + de 40 m de profondeur, + de 40 minutes sous l'eau et + de 40 ans, nous voyons des gens qui ont les diplômes mais pas le niveau d'entraînement et qui veulent cocher des trophées, comme les épaves profondes. L'apnée semble également facile, mais il y a des syncopes."

Deux phénomènes plus inquiétants ont marqué la période estivale. Les accidents de paddle bondissent de 76%, avec 174 opérations liées à cette activité de plus en plus prisée. "L'augmentation est massive et elle est liée à tout ce qui touche à l'électrification, aussi des kayaks et des foils, elle permet de dépasser les limites, mais quand on manque d'expérience, que le temps change et que l'on s'éloigne du bord de mer… C'est ce qui m'inquiète pour les années à venir", poursuit Laurent Hermann. Le nombre d'accidents de collisions progresse de manière significative (+33%), avec une vingtaine de faits, comme en août le drame des deux morts de la bouée tractée de Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales) ou la collision mortelle entre deux bateaux à Mandelieu (Var).

Des comportements irresponsables et des contrôles renforcés

Le préfet maritime déplore des comportements dangereux : "Il y a parfois des facteurs humains, avec une dose d'inconscience quand on ne connaît pas bien la mer et des comportements irresponsables, avec des vitesses excessives et des conduites sous l'emprise de stupéfiants ou de l'alcool." Pour y faire face, le dispositif réglementaire a été renforcé, notamment avec la loi Ripost qui prévoit des verbalisations pour non-maîtrise des engins ou états d'ivresse ou sous drogue.

Les services préfectoraux ont effectué 12 400 contrôles (+4%), dont 9242 pour la plaisance et 3159 pour les loisirs nautiques. Ces contrôles ont conduit à 205 suspensions ou retraits de titre de navigation, soit une hausse de 58% par rapport à 2025. "La prévention reste aussi essentielle avec cette nécessité de se poser les bonnes questions : quelle est la météo ? Qu'est-ce que je sais faire ou ne pas faire ? Ai-je bien prévenu les proches que je partais ? Et puis si la mer donne le sentiment de liberté, il y a des règles, la mer se partage", rappelle le vice-amiral.