Bergerac : le débat récurrent sur les caméras de vidéoprotection divise depuis plus de quinze ans
Bergerac : le débat sur les caméras de vidéoprotection divise depuis 15 ans

Un débat récurrent qui anime Bergerac depuis plus de quinze ans

L'installation d'un réseau de caméras de vidéoprotection revient régulièrement dans le débat public à Bergerac, suscitant des oppositions fermes de plusieurs maires successifs. Cette question ressurgit particulièrement à chaque campagne des élections municipales depuis plus de quinze ans, devenant une véritable arlésienne de la vie politique locale.

Des positions qui évoluent au fil des années

Le débat sur la vidéoprotection agite le microcosme bergeracois au moins depuis 2011. Cette année-là, face à des dégradations répétées à l'école du quartier Jean-Moulin, Dominique Rousseau, alors maire (2008-2014), avait décidé d'installer un mini-réseau de caméras pour mettre fin à ces incivilités. Cependant, ces dispositifs ne seraient plus en fonctionnement aujourd'hui, et Dominique Rousseau, comme tous ses successeurs, a refusé d'étendre le système.

Pourtant, le sujet n'a jamais vraiment disparu des conversations bergeracoises. En 2017, une vague inédite de cambriolages avait poussé les commerçants à réclamer l'installation de caméras dans la ville. « Je me sens en insécurité », témoignait une professionnelle auprès de Sud Ouest. Mais pour Daniel Garrigue, l'édile de l'époque, qui doutait de l'efficacité d'un tel réseau, les caméras « soulevaient un problème de liberté publique ».

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Une demande judiciaire et des arguments contradictoires

En janvier 2021, c'est Gilles Fonrouge, alors président du tribunal de grande instance, qui plaidait pour cet équipement, arguant que cela « contribuerait significativement au sentiment de sécurité des Bergeracois ». Une fois encore, l'argument était balayé d'un revers de main par Jonathan Prioleaud pour qui cela n'apportait « absolument pas une sécurité supplémentaire ».

En cinq ans, les positions ont largement évolué et désormais, l'ensemble des candidats aux élections municipales soutiennent l'idée de la vidéoprotection, voire, pour Thierry Roux, de la vidéosurveillance. « Je suis comme les Bergeracois, j'évolue en fonction des réalités et du contexte », explique le socialiste Fabien Ruet pour qui ce n'est « pas un tabou ». Le maire sortant reste cependant prudent sur le sujet et estime que le déploiement doit se faire « par secteur », tout en restant dubitatif sur l'incidence réelle sur la délinquance.

Des chiffres de délinquance contrastés qui alimentent le débat

Mi-janvier, après la réunion du Conseil local de sécurité et de prévention (CLSP), la Ville annonçait une « baisse de la délinquance » de 2% entre 2024 et 2025. Cette diminution ferait suite à une réduction de 10% entre 2023 et 2024. Cependant, sur une période plus longue allant de 2020 à 2024, les chiffres du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) présentent un tableau plus nuancé.

Globalement, le trafic et l'usage de stupéfiants ont connu une hausse significative. On comptait, par exemple, dix personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants en 2020 contre vingt-deux en 2024, un chiffre presque semblable à celui de 2016 (vingt mises en cause). En revanche, concernant les violences, on peut noter une tendance plutôt à la baisse. Les faits de violences physiques hors cadre familial représentaient cent vingt-neuf victimes en 2020 contre cent onze en 2024.

Les vols violents accusent une légère diminution : ils sont passés de dix-huit en 2020 à quinze en 2024, avec onze faits relevés en 2022. En revanche, les faits de violences intrafamiliales, qui figurent parmi les priorités du parquet bergeracois et des forces de l'ordre, ont augmenté entre 2020 et 2024, ajoutant une dimension supplémentaire à ce débat complexe sur la sécurité publique.

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