Après les attentats, une vague de vocations pour la police et la gendarmerie
Attentats : plus de jeunes veulent devenir policiers ou gendarmes

Une génération marquée par les attentats se tourne vers les forces de l'ordre

Les attentats terroristes qui ont frappé la France en 2015 ont profondément transformé les aspirations professionnelles d'une partie de la jeunesse. Dans les centres d'examens de toute la région et du pays, une affluence historique a été constatée lors des sessions de concours exceptionnelles organisées au printemps 2016. Plus de 35 000 candidats se sont présentés au concours de gardien de la paix, contre 22 000 habituellement, tandis que près de 20 000 postulaient pour devenir sous-officiers de gendarmerie, soit une augmentation significative par rapport aux 13 000 inscrits l'année précédente.

Le besoin de se sentir utile face à la menace terroriste

"Les attentats ont accentué mon désir de faire respecter la loi", confie Sonia, une Gardoise de 24 ans qui a passé les épreuves écrites à Villepinte. Cette jeune femme, fascinée depuis toujours par la police, a décidé de franchir le pas après les attaques du 13 novembre. "Personne n'était tranquille dans le RER, tout le monde était suspicieux. Il y en a marre de ce malheur. Je veux pouvoir protéger et rassurer les personnes."

Pour Manon Mologni, étudiante héraultaise de 21 ans, les événements ont renforcé une détermination déjà présente. "Après l'attaque de Charlie Hebdo et de l'HyperCasher, je me disais que j'aurais aimé être là. Cela m'a donné envie d'agir pour me sentir utile et protéger les gens. Nous vivons une époque de guerre post-moderne."

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Un changement d'image pour les métiers de la sécurité

"Les attentats ont révélé le métier de policier", analyse un adjudant délégué au recrutement régional de la police nationale. "Avant, la profession souffrait d'une mauvaise image. Aujourd'hui les jeunes sont désabusés. Ils ont besoin d'idéal. Ils cherchent un métier qui a du sens."

Les images diffusées en continu par les chaînes d'information ont particulièrement marqué les esprits. "Les jeunes nous parlent de BRI, Raid, GIPN… Ça les passionne", constate le recruteur. Cependant, il rappelle que l'intégration dans ces unités spécialisées nécessite plusieurs étapes préalables et qu'il est rare d'y accéder directement.

Une diversité de profils et une seconde chance

La session exceptionnelle visait à recruter 3 000 personnes, dont la moitié via le concours externe. Cette opportunité a constitué une "seconde chance" pour certains jeunes chômeurs, tandis que la fonction d'adjoint de sécurité, accessible sans diplôme, connaît également une hausse des vocations.

"Tous les candidats n'ont pas forcément le profil", nuance le recruteur. "Les principales qualités pour être un bon policier sont l'honnêteté, la maturité, l'autonomie et le sens de l'intérêt général." L'afflux de candidats - environ 11 pour un poste - permet selon lui de renforcer la qualité des recrutements.

La diversité des origines constitue un autre aspect notable de cette vague de vocations. Sonia, dont les grands-parents sont arrivés d'Algérie pour travailler dans les mines gardoises, se dit fière de son "mélange" et de pouvoir "défendre la France".

Pour ceux qui ne réussissent pas le concours principal, la voie des adjoints de sécurité offre une alternative en CDD de trois ans renouvelable, permettant de vérifier si l'uniforme convient réellement au candidat avant un engagement définitif.

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