Agnès Verdier-Molinié, directrice générale de la Fondation iFRAP, un think tank libéral, interpelle le gouvernement dans une tribune publiée sur Le Point. Elle demande que soient annoncées « maintenant » les réformes nécessaires pour moderniser la France. Selon elle, l'exécutif doit profiter de la dynamique actuelle pour engager des transformations profondes, sans attendre.
Un constat alarmant sur les finances publiques
La directrice de l'iFRAP rappelle que la France affiche un déficit public de 5,5 % du PIB en 2023, un niveau parmi les plus élevés de la zone euro. La dette publique dépasse les 3 000 milliards d'euros, soit plus de 110 % du PIB. Elle souligne que les intérêts de cette dette représentent le deuxième poste budgétaire de l'État, derrière l'éducation nationale.
Elle critique l'absence de stratégie claire pour réduire ces déséquilibres. « Le gouvernement semble naviguer à vue, sans cap ni calendrier », écrit-elle. Elle appelle à une réduction massive des dépenses publiques, qui atteignent 57 % du PIB, un record parmi les pays développés.
Les réformes prioritaires selon l'iFRAP
Agnès Verdier-Molinié énumère plusieurs chantiers : la réforme des retraites doit être poursuivie, avec un allongement de la durée de cotisation à 43 ans pour tous. Elle préconise également une réforme de l'assurance chômage, avec une durée d'indemnisation réduite et un durcissement des conditions d'accès.
Elle plaide pour une simplification administrative massive, afin de réduire les coûts pour les entreprises. Elle cite l'exemple des 400 000 normes qui pèsent sur les PME, un chiffre qu'elle juge « insupportable ». Enfin, elle demande une refonte de la fiscalité, avec une baisse des impôts de production de 20 milliards d'euros, mesure qui n'a été que partiellement mise en œuvre.
Un appel à l'action immédiate
Pour la directrice de l'iFRAP, « chaque mois perdu coûte 10 milliards d'euros de dette supplémentaire ». Elle enjoint le président de la République et le Premier ministre à présenter un plan de réformes chiffré avant l'été. Elle propose la création d'un comité indépendant chargé de suivre la mise en œuvre des réformes, composé de personnalités qualifiées.
Elle conclut en avertissant que sans ces réformes, la France risque d'être rétrogradée par les agences de notation, ce qui augmenterait le coût de sa dette. Elle appelle les citoyens à exiger des comptes de leurs dirigeants, car « la réforme est la condition de notre prospérité future ».



